Alors que le malaise à l'hôpital est palpable, le gouvernement pense avoir identifié sa source. Pour le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn, en visite au centre hospitalier Simone Weil dans le Val d'Oise, on dépense trop et surtout on dépense mal.

En 2016, il y a eu 753000 accouchements dans les établissements de santé en France.
En 2016, il y a eu 753000 accouchements dans les établissements de santé en France. © AFP / Jessica Bordeau

Ce mardi il a beaucoup été question de financement à l’hôpital. Le Premier ministre a d'ailleurs estimé que la France, avec une dépense de 200 milliards d'euros par an pour sa santé, ne parvient pas à être efficace. Selon lui, l'organisation des soins notamment n'est pas optimale.  Il pointe une offre inégale sur le territoire, les personnels sont en grande souffrance et les hôpitaux sont étranglés financièrement.

De leur côté, les patients sont perdus entre une médecine de ville et un hôpital qui finalement collaborent très peu. Selon le locataire de Matignon , il faut "redonner du sens" au système et mieux l'articuler.

Quelques pistes ont été évoquées pour s'en sortir d'ici à la fin du quinquennat. Le premier chantier sera celui du financement de l'hôpital. La tarification actuelle encourage à multiplier les actes, à faire du chiffres, plutôt qu'à se concentrer sur la qualité des soins.

Or les maladies aujourd’hui, sont davantage chroniques et il faut du temps pour s'en occuper. La tarification doit changer pour mieux accompagner cette évolution.

L'autre chantier majeur est celui de l'élaboration par la Haute autorité de santé d'un guide des bonnes pratiques médicales. On part du constat suivant : aujourd'hui, trop d'opérations ou de soins ne seraient pas pertinent ou justifiés. Selon Édouard Philippe, il faut mettre de l'ordre dans tout ça. Il cite par exemple les disparités du nombre d'interventions chirurgicales en fonction des régions. Des variations qui selon lui coûtent cher parfois très cher. Il faut, dit-il, pouvoir évoquer le sujet de la pertinence de ces soins.

D'autres chantiers ont été évoqués comme l'accélération de la numérisation des données médicales, la création d'un observatoire de qualité de vie au travail dans les hôpitaux ou encore repenser les statuts de la fonction publique hospitalières pour la rendre plus attractive. 

Par ailleurs, le gouvernement mettra chaque année 100 millions d'euros sur la table pour financer ces transformations. Ces annonces ne vont sans doute pas calmer la colère des soignants. Le gouvernement de son côté assure qu'il ne s'agit pas de dépenser plus mais de dépenser mieux. 

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