Cela faisait des années qu'un grand patron américain n'avait pas été sur le point de se faire humilier publiquement par une commission du Congrès américain. Mardi et mercredi, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, va devoir rendre des comptes dans le scandale du détournement de données confidentielles.

Pour son arrivée au Congrès américain, Mark Zuckerberg a troqué sa tenue décontractée habituelle contre un costume-cravate
Pour son arrivée au Congrès américain, Mark Zuckerberg a troqué sa tenue décontractée habituelle contre un costume-cravate © AFP / ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

A Washington, ce mardi au Sénat, et mercredi devant la Chambre, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, s'attend au pire. Il est auditionné par une commission du Congrès qui lui demande des comptes dans l'affaire du détournement de données confidentielles de dizaines de millions d'usagers du réseau social dont il est le créateur, en vue de manipuler l'opinion américaine.

Le Congrès très remonté

Une audition qui pourrait bien ressembler à une crucifixion publique, en direct à la télévision, devant des millions d'Américains : les élus américains sont très remontés, outrés par les révélations quotidiennes sur l'ampleur des bavures qui ont permis à diverses officines, dont Cambridge Analytica, qui a eu accès aux informations de 87 millions d'utilisateurs, de produire des messages manipulant l'opinion à partir de données confidentielles sur les goûts et opinions des usagers. 

Le congrès menace désormais de réglementer la protection de ces données. Facebook, tout comme Google et Twitter, veulent maintenant limiter les dégâts. Mark Zuckerberg prend les devants : depuis trois jours, il se répand déjà en excuses. Ce lundi, il est arrivé au capitole, accompagné de son épouse, pour rencontrer une partie des parlementaires avant le début des auditions. 

"Nous faisons face à un nombre important de débats à propos de la (protection de la) vie privée, de la sécurité et de la démocratie et vous aurez légitimement des questions difficiles à me poser"

Tournant pour Facebook ou opération de com ?

Pour certains observateurs, ce moment pourrait marquer un tournant dans l'histoire du groupe Facebook. Mark Zuckerberg fait amende honorable et admet désormais avoir personnellement failli dans sa mission : "Cette erreur est la mienne, je m'en excuse" a-t-il déjà dit, et devrait-il à nouveau dire devant les sénateurs et députés. "Il est évident que nous n'avons pas fait assez pour empêcher Facebook d'être utilisé de façon mal intentionnée", a-t-il ajouté. 

Finie l'excuse selon laquelle Facebook n'est pas responsable des messages publiés sur sa plateforme et n'est que diffuseur de contenus élaborés librement par d'autres. Pour autant, la tâche s'annonce ardue pour le jeune milliardaire de 33 ans, qui réunit contre lui les méfiances des démocrates comme des républicains, même si tous ne sont pas d'accord entre eux sur la question de réglementer ou non l'utilisation des données. Cette semaine, Mark Zuckerberg joue gros : depuis le début de l'affaire, le montant de l'action Facebook a chuté de 15%. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.