Alors que certaines facultés sont toujours fermées ou bloquées ce jeudi, et que d'autres sortent à peine de plusieurs semaines de mouvement étudiant, des directions d'universités se refusent à attribuer des notes automatiques et mettent sur pied des stratagèmes pour permettre à leurs étudiants de passer leurs examens.

Malgré le blocage de plusieurs semaines, la présidence tient à ce que tous les examens terminaux aient lieu
Malgré le blocage de plusieurs semaines, la présidence tient à ce que tous les examens terminaux aient lieu © Maxppp / MaxPPP

Le communiqué, publié ce mercredi sur le site de l'université Paris Nanterre par la présidence est clair : "Nous rappelons qu’aucune validation ou note automatique ne saurait être reconnue valable : la notation doit tenir compte du mérite réel des étudiants pour que le diplôme ait pleine valeur et validité".

A Nanterre, les partiels prévus à partir du 3 mai sont maintenus

En clair, comme l'avait annoncé le président de cette université sur France Inter, malgré les semaines de blocage qui ont empêché la tenue des cours, les examens de fin d'année auront bien lieu. Pour les partiels à venir, la situation, à Nanterre, semble réglée : ceux devant avoir lieu le 2 mai prochain sont reportés à une date ultérieure, et ceux devant avoir lieu le 3 mai et après sont maintenus. 

En revanche, le problème se pose pour ceux qui devaient avoir lieu la dernière semaine du semestre, du 16 au 20 avril. Selon le communiqué de la présidence, la manière dont doivent se dérouler ces examens a été laissée à l'appréciation de chaque département (UFR). 

Ainsi, en histoire, Julien, étudiant en première année, se retrouve à plancher sur certaines épreuves à la maison (avant de passer les principales dans des conditions normales d'examen) ! "J'ai deux matières à passer chez moi, l'histoire ancienne et l'histoire médiévale, les sujets ont été mis en ligne sur la plateforme destinée aux étudiants"

Des examens en chocolat ?

De plus, précise Julien, ces examens ne sont désormais plus que facultatifs : ils ne seront intégrés à sa moyenne finale que s'ils lui donnent un avantage, ils ne peuvent pas le pénaliser. "Comme on va avoir accès à tous nos cours, c'est normal qu'ils ne sont plus comptabilisés comme des examens à part entière", explique-t-il, "je vais les faire sérieusement, dans ma chambre, mais au niveau du temps, je pense que je vais en profiter pour bien faire mes raisonnements, bien me relire, je vais prendre le temps"

Pour le président de la FAGE, un syndicat étudiant, ce mode d'examen, s'il n'est pas idéal, reste acceptable : "Dans de nombreuses universités, comme à Nanterre ou à Montpellier, c'est une solution retenue. Ce n'est pas idéal, mais dans ce genre de situations il n'y a pas de solution idéale. L'essentiel est qu'aucun étudiant ne soit pénalisé, et que tous puissent passer leurs examens. L'outil numérique reste un outil pédagogique, utilisé régulièrement, y compris dans des établissements qui ne sont pas bloqués. Il n'y a donc pas de raison de considérer ces examens comme des examens en chocolat."

Metz et Nancy, dernières facultés débloquées en date

Les parties des universités de Metz et de Nancy qui restaient bloquées malgré les votes des étudiants, par scrutins électroniques, en faveur de la reprise des cours (74,2 % à Metz le 19 avril, 70,5 % à Nancy le 9 avril), ont été évacuées par les forces de l'ordre ce mercredi matin. Il s'agissait, selon la présidence, de libérer les locaux pour pouvoir préparer la tenue des partiels. L’Université de Lorraine, qui gère les deux facultés, a déposé plainte pour "dégradations", "occupations" et "injures publiques". La partie du campus de Sciences-Po à Reims, qui était bloquée, a été libérée ce mercredi après un vote des étudiants.

Lundi, c'est l'université Paul-Valéry de Montpellier et l'entrée d'un bâtiment de l'Université de Grenoble qui ont été évacuées par les forces de l'ordre, après celles de Paris-Tolbiac et de Strasbourg la semaine dernière.

Ce jeudi, Sciences-Po Rennes est toujours fermé administrativement, et l'université Rennes-2 reste bloquée jusqu'au 30 avril, date à laquelle une nouvelle assemblée générale des étudiants doit avoir lieu. La présidence de l'université a annoncé le report des examens terminaux. 

Les cours sont également toujours suspendus à l'université Lyon-2. Quant au sort de l'université Jean-Jaurès de Toulouse pourrait être réglé ce jeudi : le tribunal administratif examine un référé pour obtenir son déblocage, déposé par le syndicat UNI et quatre étudiants.

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