Un mois sans écrire. Finalement cela laisse du temps pour prendre du recul sur l’actualité franco française et prendre un vol pour le Sénégal afin d’aller voir de l’autre côté de la barrière ce qui se passe réellement.

Faim : le Sénégal montre la voie.
Faim : le Sénégal montre la voie. © radio-france

Faim : le Sénégal montre la voie.
Faim : le Sénégal montre la voie. © radio-france

Ce côté de la barrière où les manifestants ont défilé le premier mai dans les rues de Dakar en brandissant une baguette de pain. Discussion avec des Sénégalais. Le sourire reste de mise, mais l’inquiétude est palpable. Le kilo de riz, alimentation de base du pays oscille autour de 280 CFA. Moins d’un demi euro. Dérisoire pour nous allez-vous me dire, mais une fortune sur place. Nouvelle discussion avec un retraité sénégalais d’une entreprise française. Il m’explique que sa pension est tellement faible qu’il a décidé de se remettre à cultiver la terre pour faire vivre sa famille. Le retour aux sources en quelque sorte, dans la lignée de ce que souhaite Abdoulaye Wade. Le président sénégalais vient de lancer un vaste plan pour multiplier par cinq la production de riz dans son pays afin de cesser toute importation. En attendant, c’est l’Inde à raison de 600 mille tonnes par an qui fournira le riz dont le Sénégal a besoin. C’est tout le paradoxe. L’état sénégalais achète et subventionne une denrée qui a augmenté de 40% en un an alors que le pays dispose de tous les atouts pour son autosuffisance alimentaire : la terre, le soleil et l’eau. Dans le nord du pays, les riziculteurs ont de beaux jours devant eux. Prés de Saint Louis, la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal doit lancer un projet de réhabilitation et d’extension de 4000 ha pour la culture du riz. Dans le sud, des projets similaires devraient voir le jour sur le fleuve Casamance. La famine n’existe pas au Sénégal a rappelé dimanche Abdoulaye Wade. Il souhaite que l’aide alimentaire qu’il qualifie lui -même « d’aumône », soit remplacée par « un investissement innovant dans l’agriculture en Afrique » comme la mise à disposition pour les agriculteurs de graines, d’engrais, d’équipement pour l’irrigation et de formation. On ne peut que lui donner raison. En ce sens, le Sénégal est en train d’inventer une nouvelle forme d’aide au développement que nous aurions tout intérêt à soutenir.

Faim : le Sénégal montre la voie. 2
Faim : le Sénégal montre la voie. 2 © radio-france

Faim : le Sénégal montre la voie. 2
Faim : le Sénégal montre la voie. 2 © radio-france

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.