L'affaire des enfants réunionnais de la Creuse
L'affaire des enfants réunionnais de la Creuse ©

Entre 1963 et 1982, 1 615 enfants réunionnais ont été déplacés surtout dans la Creuse et en Lozère pour repeupler le département. Aujourd'hui, ils demandent un mea-culpa de l’État. L'Etat vient de constituer une commission d'information et de recherche historique sur le sujet .Les associations sont satisfaites et espèrent que tous les Réunionnais concernés auront accés à leurs dossiers.

"Repeupler" le continent et "moderniser" la Réunion

En 1963, Michel Debré, député de la Réunion, veut moderniser l'île où la moyenne est de sept enfants par femme, et où le chomage atteint par endroits 40%. Michel Debré a alors l'idée d'éloigner les jeunes Réunionnais de leur île qu'il juge surpeuplée. Plusieurs dizaines de milliers de majeurs s'en vont. Mais 1 630 enfants, adoptables ou non, sont également déplacés vers les départements en voie de désertification : surtout la Creuse et la Lozère. Ils sont alors placés dans des foyers ou dans des familles d'accueil.

Ça fait 50 ans qu'on attend ça, avec cette commission on va pouvoir faire toute la lumière sur notre parcours, se réjouit au micro de Maxime Tellier de France Bleu Creuse Jean-Charles Pitou, 60 ans, arrivé dans la Creuse à 9 ans, représentant de l'Association Génération brisée.

Mission : "aider les victimes à retracer la singularité de leur passé"

Lors de la mise en place de la commission jeudi soir, la ministre de l'outre-mer Georges Pau-Langevin a estimé que la commission avait deux ans pour "faire la lumière sur l'histoire" de ces enfants et "aider les victimes à retracer la singularité de leur passé".

Les cinq experts de cette commission sont chargés notamment d'établir un tableau précis des populations concernées par cette question et de leur situation démographique aujourd'hui, de détailler les conditions dans lesquelles les enfants ont été déplacés et de proposer des actions et mesures permettant de favoriser le travail de mémoire individuel et collectif autour de cette question. ils se sont réunis ce jeudi pour la première fois.

La plupart de nos dossiers personnels ont été brulés ou ont disparu, il y a eu faux et usage de faux, falsification d'état civil, c'est une affaire d'Etat. Nous avons du mal à avoir les informations qui nous concernent, déplore Valérie Andanson, au micro de Maxime Tellier de France Bleu Creuse. Elle est la porte-parole de la Fédération des enfants déracinés des départements et régions d'outre mer

Cinquante ans plus tard, certains ne sont jamais retournés sur leur île, et la plupart n'ont pas retrouvé leurs racines.

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Interception"Le voyage sans retour des orphelins malgré eux" le magazine de la rédaction de France Inter

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Le site de la Fédération des enfants déracinés des départements et régions d'outre mer

Le site de l'Association Génération brisée

Le livre de référence sur l'affaire des enfants réunionnais de la Creuse : "Tristes tropiques de la Creuse" de Gilles Ascaride, Corine Spagnoli et Philippe Vitale aux éditions K'A.

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