Partagée plus de 210.000 fois sur les réseaux sociaux, une BD dénonce "la charge mentale", souvent dévolue aux femmes, ou le fait de penser à demander de l'aide à sa moitié.

La BD d'Emma a suscité de nombreuses réactions de femmes se retrouvant dans cette situation
La BD d'Emma a suscité de nombreuses réactions de femmes se retrouvant dans cette situation © Capture d'écran

Penser à lancer une machine à laver, mais ne pas oublier non plus d'étendre le linge une fois le cycle fini, planifier les menus et faire les courses, payer les impôts dans les temps, inscrire le petit dernier à la bibliothèque ou au centre de loisir... En deux mots : anticiper et organiser la vie du foyer. Cet ensemble de tâches, souvent dévolu aux femmes, malgré elles, peut devenir très pénible combiné à une journée de travail.

Cette "charge mentale", une notion floue mais qui semble parler à tous, est plus souvent dévolue aux femmes dans les foyers hétérosexuels. Pour la dénoncer, Emma, ingénieure de 36 ans et dessinatrice, a publié début mai une bande dessinée où elle raconte comment cette charge mentale s'inscrit dans notre quotidien.

Les tâches quotidiennes réparties équitablement ?

Le vrai problème de la charge mentale, c'est que l'un des deux membres d'un couple se retrouver à organiser toute la vie de famille, à devoir penser à tout et demander à son compagnon/sa compagne de l'aide pour que l'autre fasse sa part des tâches ménagères. Le bien connu "fallait demander", illustré à merveille avec un exemple : dans la BD, la jeune maman demande à son compagnon de penser à sortir un biberon du lave-vaisselle une fois la vaisselle propre. Elle retrouve bien le biberon, mais le reste de la vaisselle n'a pas bougé.

Dans une enquête de 2009, deux chercheuses de l'Ined, Ariane Pailhé et Anne Solaz, soulevaient que "la charge familiale et domestique des femmes les accompagne même au travail". Selon elles, alors que l'implication féminine dans le foyer est "constante et durable", l'implication masculine est plutôt "temporaire et occasionnelle".

Penser aux vaccins des enfants, prévoir le menu quand on reçoit des amis, faire les valises avant les vacances serait alors exclusivement féminin? "Assurément non, soutient M. Fatoux. Des hommes gèrent très bien cela et dans les familles monoparentales la question ne se pose pas. Néanmoins, dans un couple, la répartition des tâches a tendance à se sexualiser".

"Pour bien faire, il faudrait laisser tomber sur des petites choses et assumer qu'on délègue"

Deux raisons à cela : "l'incompétence, inconsciente ou assumée, des hommes - qui fait que les femmes prennent les devants - et l'idée persistante d'un modèle féminin au foyer - qui fait que les hommes les laissent faire", poursuit-il.

"Pour bien faire, il faudrait laisser tomber sur des petites choses et assumer qu'on délègue", préconise Emma.

Congé paternité obligatoire ?

Et François Fatoux d'avancer : "tant que les hommes n'auront pas une part plus présente au foyer, ne resteront pas seul avec l'enfant, ils n'auront pas de charge mentale", dit-il, plaidant pour un congé paternité obligatoire et plus long.

Selon l'Insee, les femmes consacrent quotidiennement quatre heures aux tâches ménagères et parentales, contre 2h13 pour les hommes.

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