Contrairement à ce que laissait présager l'annonce de Gérard Collomb, il sera possible de retransmettre les matchs de la Coupe du Monde sur écran géant. Du côté des municipalités et des organisateurs cependant, entre restrictions, sécurisation des sites et refus, le casse-tête ne fait que commencer.

" Les zones grands écrans ne pourront en aucun cas être organisées sur l'espace public ouvert", a indiqué Gérard Collomb dans un communiqué.
" Les zones grands écrans ne pourront en aucun cas être organisées sur l'espace public ouvert", a indiqué Gérard Collomb dans un communiqué. © AFP / François Nascimbeni

Oubliés les scènes de liesse populaire et les rassemblements de fans en place publique. À quelques jours du début de la Coupe du monde, l'annonce de Gérard Collomb en faveur de la suppression des retransmissions publiques du mondial a eu de quoi donner quelques sueurs froides aux supporters les plus chevronnés. 

Dans un message parut le 29 mai sur son compte Twitter, le ministre de l'Intérieur a néanmoins relativisé ses propos en déclarant qu' "aucune interdiction stricte des retransmissions des rencontres du mondial 2018 n'a été actée". 

Pas d'annulations donc, mais un certains nombre de restrictions. Alors que la compétition démarre samedi midi pour l'équipe de France, certains lieux publics et municipalités qui avaient prévu la diffusion des matchs doivent trouver une solution de repli suite à la circulaire de la place Beauvau. 

À Draveil, Antoine Appy, propriétaire du restaurant le Relax, s'était organisé pour permettre à près de 600 personnes de se retrouver autour d'écrans géants. Finalement, seules quelques télés pourront être installées à l'intérieur, et les recettes de fait, considérablement restreintes.

Lors de l'Euro 2016 déjà, la question des retransmissions et de la sécurisation des lieux publics électrisaient le ministère de l'Intérieur et les municipalités. La fin de l'état d'urgence désormais actée, Gérard Collomb rappelle néanmoins que la France se trouve encore dans un contexte de menace terroriste et que "des prescriptions doivent s'appliquer de fait avec le même degré d'exigence".

Des diffusions restreintes à des espaces clos et délimités

C'est l'un des prérequis du communiqué transmis par le ministère de l'Intérieur : "Les retransmissions seront organisées sous la responsabilité des municipalités et ne pourraient être éventuellement envisagées que dans des espaces clos ou strictement délimités (stades, salles omnisports, salles de spectacles ou de congrès, etc.)" Certaines diffusions sur écrans géants seront donc possibles, à certaines conditions :

Des frais supplémentaires pour les municipalités ?

Qui dit organisation sous la responsabilité des municipalités, dit prise en charge des frais de sécurisation des sites de diffusion. Ainsi, les villes et structures ayant reçu l'aval du préfet devront assurer de leur propre chef la délimitation de la zone avec des plots de béton, des barrières et des forces de sécurité supplémentaires à l'entrée et à l'intérieur de l'espace défini. 

Une décision qui n'est pas sans conséquences pour les budgets pour les municipalités. En outre, l'Etat se dédouanant de toute responsabilité, les mairies devront faire appel à des entreprises privées de sécurité aux tarifs coûteux. Lors de l'Euro 2016, pas moins de 13 000 agents de sécurité d'entreprises privées avaient été mobilisé autour des "fan zones".

À condition de respecter les mesures de sécurités draconiennes instituées par la circulaire de Gérard Collomb, des "fan zones" pourront voir le jour un peu partout en France. Ce qui sera plus facile dans les municipalités à gros budget.

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