Les Américains sont décidément incorrigibles. En période de crise, ils ont toujours su faire preuve d’un pragmatisme et d’un sens du collectif hors norme pour sauvegarder leur système économique. C’est peut-être en cela qu’ils irritent si souvent notre esprit français. De l’autre côté de l’Atlantique, les gouvernants ne se posent pas trop de questions existentielles. Lorsqu’il y a le feu dans la maison, ils agissent, ceci quels que soient les moyens mis en œuvre pour éteindre l’incendie. Qui aurait pu croire en effet qu’aux pays du libéralisme roi et du culte de l’individualisme forcené, Fanny Mae et Freddy Mac les deux géants du refinancement du crédit immobilier seraient nationalisés ? Vous allez me dire, Henry Paulson le Secrétaire d’Etat américain au trésor n’avait pas le choix. Ces deux entreprises bénéficiaient d’une garantie publique. C’est peut-être d’ailleurs en jouant trop facilement avec cette garantie que les dirigeants de Fannie et Freddy ont joué avec le feu en laissant entendre aux investisseurs que les titres qu’ils émettaient sur les marchés étaient sans risques. L’addition de ces bêtises, c’est pour les autres bien sur. C’est-à-dire les contribuables américains. 200 milliards de dollars ! On attend tout de même la suite du feuilleton avec impatience. À la fin des années 90, les dirigeants d’Enron se sont retrouvés aux frais et pour quelques années derrière les barreaux à la suite d’une des plus grosses faillites frauduleuses de l’histoire économique américaine. La aussi le pragmatisme américain reste éclatant. Pour sauver sa peau le système n’hésita pas à éliminer les brebis galeuses. Il n’y a pas de fraude avérée chez Fannie et Freddy. Pour l’instant. En attendant les ménages américains dont les maisons sont saisies chaque jour peuvent toujours méditer sur cette maxime qui reste totalement d’actualité : le libéralisme, c’est la privatisation des profits, mais la collectivisation des pertes. Une fois dans la rue, ils devront encore passer à la caisse pour payer la note. Vive la crise !

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