Ce mercredi 20 juin, une association nationale de professionnels de la vue publie son baromètre 2019 de la santé visuelle. Avec des résultats préoccupants pour les 16-24 ans : surexposés aux écrans, ils ne prennent pas suffisamment soin de leur vue.

Au travail comme dans les loisirs, et notamment lors des concerts, les smartphones sont devenus omiprésents.
Au travail comme dans les loisirs, et notamment lors des concerts, les smartphones sont devenus omiprésents. © Getty / Robert Daly

Plus de dix heures par jour. C'est le temps moyen passé devant un écran chez les 16-24 ans, selon le baromètre publié ce 20 juin par l'Asnav, l'Asssociation pour l'amélioration de la vue. Entre le travail, les études et la vie privée, dès le réveil et jusqu'au soir, "c'est presque la moitié de la journée passé devant son smartphone, sa tablette, son PC ou un jeu vidéo", confirme Catherine Jegat, membre de l'Asnav. Avec des conséquences immédiates sur la vue.

75 % des jeunes sujets à la fatigue visuelle

Selon le baromètre, trois quarts des 16-24 ans, soit 5 300 000 jeunes, seraient régulièrement victimes de fatigue visuelle. "Le plus probant, c'est le mal de tête, en milieu ou en fin de journée", détaille Catherine Jegat. "Il y a aussi les yeux qui piquent, un sentiment de vue trouble. Parfois, ce sont des troubles de la vue qui préexistaient et qui n'avaient jamais été dépistés."

Cette fatigue visuelle entraîne donc un inconfort, mais peut aussi créer une forme de myopie, poursuit-elle. "Comme on regarde de près les écrans en permanence, on oublie de regarder au loin, ce qui peut entraîner ce que l'on appelle une myopie comportementale. La vision de loin est un peu oubliée, et on ressent de plus en plus de difficulté à voir sur de plus longues distances."

"Les jeunes font avec, considèrent que les maux de tête sont normaux"

Par ailleurs, un autre problème se pose : plus de deux millions de jeunes ne prendraient aucune initiative pour remédier à cette fatigue visuelle. "Ils font avec, ils considèrent que c'est un peu la rançon logique des écrans, que c'est normal d'avoir mal à la tête ou d'avoir les yeux qui tirent", explique Catherine Jegat. Elle pointe également le problème des jeux vidéo, à l'origine de très longues périodes passées devant les écrans pour les "gamers" les plus passionnés. 

Selon le baromètre, pour 29 % des 16-24 ans, la dernière visite chez l'ophtalmologue remonte à plus de deux ans. La moitié d'entre eux ne s'y rend pas pour un contrôle, mais uniquement en cas de problème spécifique. Ce laxisme risque-t-il, à terme, d'engendrer une génération de mal-voyants ? "À ma connaissance, il est encore trop tôt pour le dire. Il n'y a pas encore d'études assez poussées et exhaustives pour en tirer des conclusions", tempère Catherine Jegat.

Réapprendre à regarder au loin

Pour autant, il apparaît nécessaire d'adopter de meilleurs réflexes. Comment faire, alors, pour préserver nos yeux ? Selon Catherine Jegat, il faut apprendre à faire des pauses. "Regarder au loin constitue une position de repos pour l’œil."

À partir du moment où l'on commence à ressentir une fatigue visuelle, il faut s'arrêter, faire une pause de trente secondes à une minute en regardant le plus loin possible pour reposer ses yeux.

Autre recommandation, qui concerne les plus jeunes : pour les parents qui seraient tentés d'occuper leurs bambins avec des smartphones, de nombreux scientifiques s'accordent à dire "pas d'écran avant trois ans", sous peine de dégrader le développement des enfants. Car outre la fatigue prématurée des yeux et les lunettes qui arrivent de plus en plus tôt, les plus petits s'exposent aussi à une perturbation du sommeil, des retards d'apprentissage du langage, des troubles relationnels, ou encore de l'obésité infantile.

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