Ces activistes font des actions ponctuelles, ciblées, mais le mouvement de désobéissance civile est lui un mouvement de fond.

©

Vous les avez peut-être déjà croisés dans votre banque. Les "faucheurs de chaise" refont parler d'eux. Ces militants d'ONG, d'associations, s'étaient fait connaître au moment de la COP 21 : des chaises, volées dans des agences bancaires pour dénoncer l'évasion fiscale, au détriment du financement de la lutte contre le changement climatique.

Ces activistes refont parler d'eux depuis quelques semaines, car ils multiplient les actions avant le procès de l'un d'entre eux, le 9 janvier prochain à Dax, pour "vol en réunion". Ce week-end notamment (9 et 10 décembre), plusieurs actions vont avoir lieu dans toute la France, dans différentes banques.

Des actions ponctuelles, ciblées, mais le mouvement de désobéissance civile est lui un mouvement de fond.

Quelques clics sur internet, et vous trouvez des stages de formation à ces actions hors la loi destinés à des citoyens, un peu frustrés de ne pouvoir s'exprimer que dans les urnes. Wilfried Morin, responsable des actions chez Attac, a déjà formé plusieurs centaines de personnes : "Le fait de jouer un peu David contre Goliath ça redonne un peu d’espoir et l’envie de se mobiliser et d’aller beaucoup plus loin." Ce qui n'est pas sans risque, jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour un vol de chaises dans une banque. Mais pour Wilfried et ses acolytes, le jeu en vaut la chandelle : "On assume ce risque parce qu’on sait très bien que si nos actions sont considérées comme illégales, elles sont perçues comme totalement légitimes de la part d’une grande partie de la population."

De quoi lancer un débat et faire bouger les lignes abonde Benjamin, du collectif Les Désobéissants : "On est en train de réfléchir à comment défendre les lancements d’alerte, là on va voir bientôt apparaître une traduction d’actions de désobéissance civile dans la loi."

Pétitions, manifestations, c'est quand tous les recours sont épuisés que la désobéissance civile intervient. Signe que notre démocratie est en panne ? Au contraire sourit la philosophe Sandra Laugier, spécialiste de la question "vous voyez que ce sont des actions qui demandent plus de démocratie, donc on peut aussi les prendre comme un signe au contraire de la bonne santé de la démocratie qui réclame de l’intérieur son extension".

La désobéissance civile qui s'est propagée, ironie, jusqu'aux policiers, descendus dans la rue malgré leur devoir de réserve, pour dénoncer leurs conditions de travail.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.