Deux nouveaux suspects ont été interpellés mardi après la fausse alerte attentat de samedi. Ces bidouilleurs qui ont piraté une ligne téléphonique, sont-ils vraiment des hackers ?

La fausse alerte a déclenché un mouvement de panique samedi
La fausse alerte a déclenché un mouvement de panique samedi © Maxppp / Arnaud Journois

Deux adolescents de 14 et 17 ans ont été interpellés mardi, en Vendée et en Lozère, dans l'enquête qui a été ouverte après la fausse alerte d'attaque terroriste, samedi à Paris. Le plus âgé, surnommé "Zakhaev Yamaha", est soupçonné d'être l'un des individus que les policiers ont eu au téléphone.

Lundi, c'est un jeune de 16 ans, qui utilise le pseudonyme "Tylers Swatting", qui a été arrêté dans la Marne, soupçonné d'être l'autre co-auteur de l'appel qui a déclenché une vaste opération de police dans le quartier du Châtelet et le lancement d'une alerte dans l'application SAIP (Système d'alerte et d'information aux populations).

Le "swatting", technique artisanale

Comment ont agi ces "hackers" ? Ils ont appliqué une technique relativement répandue aux Etats-Unis, le "swatting", qui consiste à appeler la police pour mobiliser de gros moyens en se faisant passer pour le témoin d'un événement grave.

En clair, les suspects n'ont pas piraté de système informatique pour lancer l'alerte sur l'appli SAIP. Leur "fait d'armes" est d'avoir fait croire aux policiers que l'appel venait de la ligne téléphonique fixe de l'église Saint-Leu ou était supposée se dérouler une prise d'otage, selon eux. "Il y a des technologies très simples. On peut acheter un service en ligne qui permet de se faire passer pour un autre numéro. Cela ne coûte pas du tout cher, pas plus de 15 euros", explique l'expert Yassir Kazar sur France Info. Ces individus sont donc moins hackers que simples cybercriminels, loin des hackers professionnels qui parviennent, quelles que soient leurs intentions, à contourner des blocages de sécurité, récupérer des données cryptées, etc.

"Dénoncés" par Ulcan

Les jeunes hommes, qui se sont vantés de leur "exploit" sur les réseaux sociaux, se revendiquent du hacker Ulcan, connu pour avoir plusieurs sites web français et pour plusieurs tentatives de "swatting" ces dernières années. Ce qui n'a pas plu au principal intéressé... sur ses compte Twitter et Facebook lundi, Ulcan s'est défendu d'avoir tout lien avec ce canular... et plus encore, il a affirmé s'être procuré l'identité d'un des deux auteurs de la fausse alerte, qu'il qualifie de "débile et immature".

La différence entre les actes de cybercriminalité commis par les individus qui ont lancé la fausse alerte samedi et ceux commis par un hacker comme Ulcan tient au but cherché : ce dernier défend une cause (la cause pro-israélienne, en l'occurence), là où le "swatting" de ce week-end n'avait d'autre but que de semer la panique et mobiliser les forces de l'ordre pour rien.

Une "échelle des hackers"

Les jeunes cybercriminels qui ont lancé la fausse alerte à l'attaque terroriste peuvent donc être rangés dans une catégorie qui correspond à ceux qui font du bidouillage sans autre objectif que leur satisfaction (ou leur enrichissement personnel). Ils sont à la fois moins experts que les pirates capables de voler des données bancaires, par exemple, et moins engagés que les hackers comme Ulcan, dont les techniques sont pourtant aussi très artisanales.

Comment classer les hackers ?
Comment classer les hackers ? © Radio France / JB

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