Fausses "pharmacies" en ligne, arnaques à la désinfection de logement, attestations sur l'honneur payantes : le nombre d'escroqueries liées à l'épidémie de Covid-19 progresse en France comme dans le reste du monde. La Police nationale s'inquiète de ce risque "grandissant".

Montage de différents sites proposant frauduleusement des produits pour "lutter contre le coronavirus". (Sites sur lesquels une faute d'orthographe s'est glissée).
Montage de différents sites proposant frauduleusement des produits pour "lutter contre le coronavirus". (Sites sur lesquels une faute d'orthographe s'est glissée). ©

Après les faux conseils pour se protéger du Coronavirus, les arnaques en ligne et à domicile débarquent en France. La peur provoquée par l'épidémie est une aubaine pour les professionnels de l'escroquerie. "C'est souvent la même philosophie. Ils font appel à votre générosité, jouent sur le côté anxiogène, expliquent que 'c'est une course contre la montre'. Et dans ce mouvement un peu impulsif, ils vous demandent de faire un don par exemple", analyse François-Xavier Masson, directeur de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC).

Le Covid-19 est en effet un bon révélateur du comportement humain en temps de crise. Si certains font le choix de la solidarité et de la générosité, d'autres ne sont attirés que par une seule chose : l'argent facile. Attestations payantes, médecin imaginaire, fausses pharmacies... Le Coronavirus inspire particulièrement les escrocs qui ne manquent pas d'idées pour vous tromper. Tour d'horizon.

Le faux site de vente de masques, l'incontournable

C'est l'arnaque par excellence : les faux sites internet proposant la vente de masques ou de solutions hydroalcooliques. La plupart ont été créés au mois de février mais ils voient leurs ventes décuplées face à la propagation du virus en France.  Sur Twitter, les internautes sont nombreux à dénoncer ces sites frauduleux. 

"Dans le pire des cas, vous ne recevez rien. Au mieux, vous récupérez un produit qui ne correspond pas à votre commande. Dans tous les cas vous serez débité", résume François-Xavier Masson. Ces faux sites, particulièrement bien construits, sont en majorité hébergés à l'étranger. Il est pratiquement impossible de retrouver les personnes qui se cachent derrière cette escroquerie : "Le temps d'identifier les sites, l'argent aura disparu et il n'y aucune chance que vous le retrouviez."  

De son côté, l'UFC-Que Choisir, rappelle que tous les masques ont été réquisitionnés par l’État et que les prix des gels hydroalcooliques sont désormais encadrés par le décret du 5 mars 2020. Les autorités conseillent donc de ne pas acheter ce type de produits, souvent plus chers, sur internet. En cas de problème, la police nationale demande d'effectuer un signalement sur "Pharos" et la plateforme "Info Escroqueries".

L'appel aux dons du médecin imaginaire

Autre astuce pour récupérer facilement de l'argent : l'appel aux dons. L'épidémie de Coronavirus entraine avec elle un élan de générosité et les criminels jouent sur ce terrain-là. L'appel aux dons peut prendre plusieurs formes, par mail, au téléphone et à chaque fois le discours est bien ficelé. "Ils utilisent un jargon un peu technique et on a l'impression d'avoir à faire à un site institutionnel ou une association", souligne François-Xavier Masson. 

Parmi les plus courants, celui d'un faux médecin. Il explique l'urgence de la situation et vous propose de faire un geste pour financer la recherche du vaccin contre le coronavirus. "Vous devez faire ce don sur un RIB joint et évidemment vous n'alimentez pas du tout une organisation ou une association mais bien un criminel."

Une attestation à 100 euros pour prendre l'air 

Depuis mardi midi, toutes les personnes qui circulent doivent être "en mesure de justifier leur déplacement". Elles doivent pour cela remplir et signer une attestation à retrouver sur le site du ministère de l'Intérieur ou la recopier sur une feuille papier. 

Ces nouvelles consignes perturbent l'organisation au quotidien et des criminels en profitent pour jouer avec les incertitudes des autres. Ainsi, des sites de vente proposent ce justificatif au prix de 100 euros comme le dénoncent les gendarmes des Yvelines sur leur compte Twitter :

D'autres sites en profitent également pour voler vos données personnelles lors du téléchargement de l'attestation. Ce sont des logiciels malveillants, aussi appelés "malware". "La pièce jointe est piégée. Le but est d'infecter votre ordinateur pour voler des données bancaires ou personnelles", explique le directeur de l'OCLCTIC. 

Sur son site consacré à la cybermalveillance, le gouvernement demande de ne jamais cliquer sur les liens de mails à la provenance incertaine, de ne pas ouvrir les pièces jointes et en cas de doute, de contacter directement l’organisme qui prétend vous l’avoir envoyé.

Des arnaques jusqu'à votre porte

Il ne faut pas seulement se méfier des arnaques sur internet. Les escrocs peuvent aussi se présenter à votre domicile avec le parfait déguisement et surtout, le service rêvé durant une crise sanitaire : désinfecter votre logement. 

Les voleurs se font donc passer pour des agents municipaux et pensent à tout pour paraître le plus crédibles possible. Comme le rapporte le site de La Dépêche, ils se présentent en blouse blanche avec des machines à nettoyer et des sprays désinfectants. Une fois dans le domicile, ils en profitent pour dérober des objets de valeur. La région Occitanie serait particulièrement, touchée mais aussi l'Île-de-France. À Sevran, en Seine-Saint-Denis, la mairie rappelle les bon conseils à adopter : toujours demander de présenter une carte professionnelle ou un justificatif d'intervention.

Pour l'heure, l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information ne compte qu'une centaine d'escroqueries en rapport avec le Coronavirus. Mais la situation est amenée à évoluer. "C'est évident que les escrocs ou les criminels vont jouer sur le côté anxiogène du virus et qu'on va avoir une multiplication de ce type d'arnaques. Il faut être le plus prudent possible", conclut le directeur de l'Office. 

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