Le Syndicat des équipements de la route (SER) publie son "livre blanc" pour la sécurité routière. L'état des routes est le premier levier à activer, selon ce rapport.

Les routes départementales et communales sont les plus dégradées, selon le syndicat des équipements de la route
Les routes départementales et communales sont les plus dégradées, selon le syndicat des équipements de la route © Maxppp / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

"Les mesures répressives (...) ne semblent plus suffisantes pour endiguer l'accidentalité routière" : c'est le constat dont part le Syndicat des équipements de la route (SER) pour faire dix propositions pour améliorer la sécurité routière, compilées dans un livre blanc publié ce mercredi. Ce document, accessible au public sur le site du SER, propose d'agir sur de nouveaux "leviers d'actions" pour endiguer la hausse de la mortalité routière.

"Une meilleure prise en compte de nos équipements routiers est l'un de ces leviers" (Jean-Bernard Conrad, président du SER)

Les routes communales et départementales sont les plus dégradées selon le syndicat, qui déplore que l'enveloppe consacrée à "la préservation du patrimoine routier" a baissé de 60 millions d'euros sur 440 millions, entre 2012 et 2014.

Le marquage en cause

En effet, sur les dix propositions faites par le SER dans son livre blanc, la quasi-totalité porte sur l'état des équipements routiers. Le syndicat met notamment en cause l'absence de marquage au sol du une route sur deux en France. Selon lui, 69% des Français jugent le manque de lisibilité du traçage au sol comme le 4e facteur d'insécurité sur la route (d'après une étude réalisée par OpinionWay en septembre 2015).

Les panneaux trop vieux ?

Autre problème : la vétusté des panneaux de signalisation routière : le syndicat affirme que 30% à 40% des panneaux de signalisation sur le bord des routes ont passé leur durée de vie. Conçus en général pour rester en place entre 7 et 12 ans, la plupart d'entre eux reste en place entre 15 et 25 ans, avec une visibilité moins forte. Conséquence : les routes sont notamment moins adaptées aux seniors, qui représentaient en 2015 24% des morts sur la route.

Statistiques et concertation

Une partie des mesures proposées par le SER concerne aussi les statistiqus sur la mortalité routière : il propose de prendre en compte les critères concernant l'état des routes dans les statistiques concernant les accidents de la route, et de commanditer des enquêtes techniques indépendantes pour l'ensemble des accidents de la route. Le syndicat recommande également qu'un de ses représentants siège au sein du Conseil national de la sécurité routière.

L'intégralité des mesures proposées par le SER

  1. Intégrer des critères liés à l'état de la route et de ses équipements dans les statistiques d'accidentalité
  2. Généraliser les enquêtes techniques indépendantes à l'ensemble des accidents de la route
  3. Etablir une cartographie annuelle de l'état des routes et de ses équipements
  4. Utiliser les crédits formation pour renforcer les compétences techniques des gestionnaires de voirie en matière d'équipements de la route
  5. Organiser une opération annuelle de remplacement de la signalisation routière installée sur le territoire français depuis plus de 20 ans
  6. Créer une commission "séniors et sécurité routière" pluridisciplinaire au sein du Conseil national de sécurité routière (CNSR)
  7. Nommer un délégué interministériel pour favoriser la synergie entre tous les acteurs impliqués dans la route de 5e génération
  8. Déployer la route de 5e génération en donnnant la préférence à l'exploitation intelligente des infrastructures existantes.
  9. Nommer un membre du syndicat des équipements de la route pour siéger au conseil national de la sécurité routière
  10. Rapprocher la Délégation à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) et la direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM)
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