prière
prière © REUTERS/Stringer Shanghai

Quelle place pour la religion au travail ? Les salariés ont-ils le droit de s'absenter pour prier ? Peuvent-ils arborer des signes de leur appartenance à un culte ?

Si dans le service public, astreint au principe de laïcité, la réponse est claire -non-, dans le privé, le flou persiste. On l'a vu encore récemment avec l'affaire de la salariée voilée de la crèche Babyloup.

Le CESE, le Conseil économique, social et environnemental, s'est autosaisi de cette question très sensible et sa réponse est : Non. Pas besoin d'une nouvelle loi sur les signes religieux dans l'entreprise. Le 15 octobre dernier déjà l'Observatoire de la laïcité, installé par François Hollande, était sur la même ligne.

Actuellement, la loi impose le devoir de neutralité religieuse seulement au service public. Le secteur privé est tenu, lui, de respecter "la liberté religieuse". Les entreprises ne peuvent donc pas interdire à leurs salariés de manifester leurs opinions dans ce domaine, sauf si cela pose des problèmes d'hygiène, de sécurité ou des pb commerciaux.

Dans le cas des entreprises privées ayant une mission de service public comme la crèche Babyloup, la situation est plus compliquée. La direction qui a licenciée une employée voilée a été condamnée par la Cour de cassation au nom de la liberté religieuse. Mais ce jugement pourrait être cassé par la Cour d'appel de Paris le 27 novembre.

Le CESE estimeque si les cas de contentieux religieux sont en hausse, il n'y a pas de phénomène "massif". Pour le Conseil économie et social, l'arsenal juridique actuel est suffisant. Il recommande de mieux informer les managers et les employés sur leurs droits et leurs devoirs.

Des employés-fidèles qui se sentent parfois contraints. A l'inverse, certaines entreprises mettent tout en oeuvre pour permettre à leurs employés de vivre leur foi au quotidien.

C'est le cas du groupe Bibars basé à Stains en Seine St Denis, où s'est rendu Ruddy Guilmin.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.