Tissu, design, nombre de lavages possibles... Les prix des masques "grand public" déjà vendus en pharmacie varient fortement, dépassant parfois les 10 euros. Pourtant, le gouvernement ne souhaite par fixer de plafond.

Les masques "grand public" peuvent être vendus en pharmacie depuis le 27 avril.
Les masques "grand public" peuvent être vendus en pharmacie depuis le 27 avril. © AFP / Pascal Bachelet / BSIP

Alors que les masques s'avèrent indispensables et parfois obligatoires pour la sortie du confinement qui se profile, il n'est pas prévu d'encadrer le prix des protections en tissu lavables et réutilisables. Résultat : dans les pharmacies qui peuvent vendre ces masques depuis lundi, les prix varient fortement d'une officine à l'autre et selon les modèles vendus. 

Un prix surveillé mais pas encadré, pour ne pas "freiner l'innovation" sur les masques en tissu

Lors d'une conférence de presse, lundi, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, justifie la choix du gouvernement : "l'approche qui consiste à dire qu'il y a un prix maximum risquerait de freiner l'innovation". Elle promet cependant que le tarifs pratiqués seront surveillés "pour éviter tout abus".

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a été saisie pour formuler des "propositions permettant de garantir la qualité et l’accessibilité en termes de prix des masques grand public", a-t-elle indiqué

Dans les Echos, elle précise que "pour avoir une idée du prix, il faut rapporter le prix du masque textile réutilisable au nombre de lavages". Mais il faut aussi tenir compte "du rapport qualité/prix, de la durabilité, du confort ou du style". "Nous allons travailler sur le prix à l'usage pour qu'il soit accessible à la majorité des Français", ajoute-t-elle sur BFMtv. Pour Bercy, un coût de 20 centimes par usage serait raisonnable.

Des partis d'opposition et associations demandent un plafonnement, voire la gratuité

La seconde loi de finances rectificative pour 2020 a bien réduit la TVA applicable aux masques, mais pas de quoi satisfaire une partie de l'opposition. Lors de l'examen au Sénat du projet de loi, la sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantique, Frédérique Espagnac, demande au gouvernement de fixer un plafond pour le prix des masques, comme ce qui avait été décidé dès le 5 mars s'agissant des gels hydroalcooliques. Elle constate que "certains prix montent de façon inacceptable"

L’association Familles rurales exhorte également le gouvernement à "encadrer le prix des masques "grand public" de catégorie 1 et de garantir l’accès à chacun". Elle craint "une protection à deux vitesses" selon les revenus des ménages, et "des ruptures de stocks immédiates sur les produits les plus économiquement accessibles contraignant nombre de consommateurs à se rabattre sur les produits les plus chers".

"Pour les plus vulnérables", le gouvernement annonce que 5 millions de masques réutilisables 20 fois seront mis à disposition chaque semaine. Mais cela ne suffit pas pour la France Insoumise qui a déposé une proposition de loi visant à instaurer la gratuité totale des masques.

Des écarts de prix considérables dans les pharmacies

Certains consommateurs ne manquent pas de partager leur étonnement face aux prix de vente des masques en tissu. "À Nantes, 13,50 euros le masque" déplore un internaute. Un autre se plaint d'avoir acheté des masques lavables 10 fois, au prix de 7,50 euros l'unité.

Dans une pharmacie du 15e arrondissement de Paris, c'est 12,50 euros le masque utilisable 20 fois. On est donc loin de la fourchette de 3 à 5 euros évoquée par le ministre de la Santé, Olivier Veran, sur France Inter, qui devait limiter le port d'un masque "lavable et réutilisable jusqu’à 20 ou 30 fois" à "quelques centimes".

Des engagements de la grande distribution

Dès la semaine prochaine, les masques seront également vendus dans certains magasins de la grande distribution. Leurs prix seront-ils plus abordables ? En tous cas, selon Agnès Pannier-Runacher interrogée sur BFM, "les enseignes ont pris des engagements : de deux à trois euros le masque lavable réutilisable, soit entre 10 et 30 centimes l'usage". Les masques papier à usage unique seront vendus "à prix coûtant".

Dominique Schelcher, président de Système U, a annoncé jeudi sur franceinfo qu’"une quinzaine de millions" de masques chirurgicaux seront vendus dans les magasins de la chaîne "à partir du 4 mai". Ils seront vendus "à la caisse dans nos magasins par paquets de 10", a-t-il précisé. Le PDG s'engage à vendre les masques "à prix coûtant" : "6 euros environ les dix masques".

Un prix "indicatif" chez les buralistes

“Le réseau des 24 000 buralistes accompagne le déconfinement progressif à venir en donnant accès à la population à des masques de protection”, a déclaré dans un communiqué la Confédération des buralistes, qui peuvent débuter la vente ce jeudi. La confédération précise à l'AFP un prix "seulement indicatif" de 5 euros le masque réutilisable plusieurs fois, mais il n'y aura pas de prix fixe.

Mise à jour le 1er mai : La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie déclare vendredi sur RTL que le prix d'un masque chirurgical sera plafonné à 95 centimes d'euro. Elle ajoute que "des contrôles et des enquêtes seront lancés sur le prix des masques en tissu", avant de préciser que la vente de ces derniers ne sera pas encadrée.

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