La Cour de cassation doit rendre un arrêt ce mercredi sur la première condamnation pour exhibition sexuelle d'une militante Femen, mouvement féministe né en 2008 en Ukraine et arrivé en France dès 2011. Aujourd'hui, que reste-t-il du combat de ces militantes aux seins nus ?

Les Femen manifestent sur la place de la République en novembre 2017, après les révélations de l'affaire Weinstein
Les Femen manifestent sur la place de la République en novembre 2017, après les révélations de l'affaire Weinstein © AFP / François Guillot

La Cour de cassation se prononce ce mercredi sur le cas de Iana Zhdanova, première Femen condamnée en France pour exhibition sexuelle. Cette jeune Ukrainienne réfugiée politique en France a été condamnée en 2014 pour "dégradation d’un bien appartenant à autrui" et "exhibition sexuelle", après avoir attaqué, torse nu et à coups de pieu, la statue de cire du président russe Vladimir Poutine au musée Grévin, à Paris. Après la relaxe en appel de la militante pour le délit d'exhibition sexuelle, le parquet général s'est pourvu en cassation.

Créé en 2008 par quatre jeunes femmes à Kiev, en Ukraine, le mouvement féministe Femen s'est rendu célèbre pour ses militantes menant des actions seins nus. Leurs cibles : le patriarcat, l'Église orthodoxe, les dictateurs de toutes sortes. Le mouvement se fait réellement connaître du grand public en 2012 en luttant contre le tourisme sexuel, à l'occasion du championnat d'Europe de football. Autre événement déterminant dans l'essor médiatique du mouvement : l'arrivée en France de l'une des fondatrices, Inna Shevchenko, fuyant son pays après avoir tronçonné une croix le 17 août à Kiev en soutien aux Pussy Riot.

Des coups d'éclat aux apparitions sporadiques

Entre 2012 et 2014, le mouvement est à son apogée. Les Femen mènent plusieurs coups d'éclat, de la sanglante scène d'avortement dans une église parisienne aux perturbations de manifestations du Front national, en passant par la destruction par le feu d'un drapeau salafiste devant la Grande Mosquée de Paris. L'affaire la plus retentissante concerne la Tunisie : alors que les Femen cherchent à s'y implanter, une certaine Amina Tyler crée la page Facebook de la branche tunisienne du mouvement, suscitant l'indignation à travers le pays. Après avoir disparu un temps, la jeune Tunisienne est finalement arrêtée après avoir tagué le mot "Femen" sur une mosquée. Venues manifester leur soutien à leur consœur, trois Femen européennes ont été condamnées par la justice tunisienne en juin 2013 à quatre mois et un jour de prison ferme pour atteinte aux bonnes mœurs et à la pudeur.

Aujourd'hui, quoiqu'encore actives dans plusieurs pays, les Femen ne font plus que des apparitions sporadiques. Beaucoup de militantes françaises exposées médiatiquement ont quitté le mouvement, dont la journaliste Éloïse Bouton qui raconte son expérience dans un livre intitulé "Confessions d'une ex-Femen". La dernière manifestation a visé le président turc Recep Tayyip Erdogan, reçu pour un déjeuner à l'Élysée le 5 janvier 2018. Inna Shevchenko, 27 ans, vit toujours en France et œuvre comme leader mondial du mouvement à l'international. Elle multiplie les conférences et a participé le 6 janvier dernier à la soirée de commémoration de l'attentat de Charlie. Sur Facebook, la page du groupe Femen compte près de 90 000 fans.

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