Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a confirmé lundi midi la fermeture des bars à compter de mardi dans la capitale et sa petite couronne. Les piscines doivent aussi fermer leurs portes et une jauge sera mise en place dans les grands magasins.

Didier Lallement, préfet de police de Paris, a annoncé la fermeture des bars à compter de mardi 6 octobre, pour une durée de quinze jours.
Didier Lallement, préfet de police de Paris, a annoncé la fermeture des bars à compter de mardi 6 octobre, pour une durée de quinze jours. © DR

"Ce matin, nous franchissons une nouvelle étape", a affirmé lundi le préfet de police de Paris Didier Lallement annonçant de nouvelles mesures de restriction à Paris, en raison de la reprise de l'épidémie de coronavirus. "C'est la preuve que nous nous adaptons sans cesse à la réalité de l'épidémie, à la réalité du virus et qu'il faut en permanence trouver cet équilibre entre la préservation de la santé de nos concitoyens et la réalité et les nécessités de la continuité de la vie économique et sociale", a-t-il ajouté. 

"L'épidémie va trop vite. Il faut freiner maintenant avant que le système de soins ne soit débordé", a expliqué le préfet. "Les mesures vont être prises pour les quinze jours qui viennent, avec une réévaluation à l'issue de ces quinze jours pour voir si nous reconduisons ou non un certain nombre de mesures (...) si nous les faisons évoluer."

Les annonces du préfet de police

À compter de mardi et pour quinze jours, à Paris et dans sa petite couronne (Val-de-Marne, Hauts-de-Seine et Seine-Saint-Denis) : 

  • Fermeture des bars ;
  • Les restaurants, dont l'activité principale est la vente de repas, pourront rester ouverts à leurs horaires habituels, sous réserve du respect d'un protocole examiné par le Haut conseil de la santé publique ;
  • Fermeture des piscines (sauf pour les mineurs), des salles polyvalentes et gymnases, clubs de sports et fitness ;
  • Annulation des foires, congrès, salons professionnels et des événements qui se tiennent sous chapiteau, tentes ;
  • Jauge dans les grands magasins et grandes surface avec, au maximum, un client pour 4 mètres carrés ; 
  • Une capacité d'accueil limitée à 50 % dans les universités
  • Les visites dans les Ehpad restent autorisées, y compris le week-end et hors des horaires de journées mais exclusivement sur rendez-vous et avec deux personnes maximum, si possible dans un lieu dédié. Elles seront suspendues pour les visiteurs qui ne respectent pas les gestes barrières ; 

Ce qui est maintenu

L'interdiction des événements rassemblant plus de 1000 personnes (cette jauge ne comprenant pas les personnels d'organisation) est maintenue tout comme l'interdiction des rassemblements de plus de dix personnes sur la voie publique (à l'exception des manifestations revendicatives, cérémonies funéraires, marchés, tournages, chantiers, etc.)

La vente à emporter d'alcool et consommation sur la voie publique, la musique amplifiée sur la voie publique reste interdite à partir de 22 heures.

Protocole sanitaire renforcé dans les restaurants des zone "alerte maximale"

Les restaurants des zones en "alerte maximale" comme Paris et sa petite couronne vont pouvoir rester ouverts sans restriction d'horaires en appliquant un protocole sanitaire renforcé. Le restaurateur devra mettre du gel hydroalcoolique à disposition sur toutes les tables et non plus seulement à l'intérieur de l'établissement, maintenir un mètre de distance "entre les chaises" des différents groupes de convives.

Les convives devront conserver leur masque la plupart du temps sauf au moment de la consommation des plats. Les groupes de convives seront limités à six - enfants compris - contre dix actuellement. Le paiement à table sera privilégié et les clients seront "incités" à réserver pour éviter les attroupements aux abords des restaurants. Les clients des restaurants ne seront toutefois pas contraints de télécharger l'application StopCovid, même s'ils y seront "fortement incités". En revanche ils devront laisser leur nom, leur numéro de téléphone et éventuellement leur email dans un "cahier de contact".  Ils pourront ainsi être prévenus par l'Assurance maladie en cas de détection d'un cas de Covid-19 chez un consommateur venu dans l'établissement.  

Le restaurateur devra afficher, à l'extérieur de son établissement, une jauge indiquant la capacité totale d'accueil de celui-ci, afin de faciliter d'éventuels contrôles. Afin de s'assurer que ces protocoles renforcés soient bien respectés, le gouvernement prévoit qu'une "procédure accélérée" puisse être mise en place, pour fermer les établissements en infraction. Seule exception à la fermeture des bars : les établissements enregistrés comme "débits de boissons" mais "proposant la vente de boissons à titre accessoire par rapport à la restauration", pourront rester en activité. Il s'agit des établissements dont le chiffre d'affaires est majoritairement constitué par l'activité restauration, mais qui auraient néanmoins conservé la classification "débit de boisson".

260 cas pour 100 000 habitants à Paris

Actuellement, comme l'a signalé le directeur général de l'Agence régionale de Santé, le taux d'incidence est supérieur à 260 cas pour 100.000 habitants à Paris, au-dessus de 500 pour les 20-30 ans. Pour les plus de 65 ans, ce taux est de 110 pour Paris et dépasse les 100 pour la petite couronne. 36 % des lits de réanimation sont aujourd'hui occupés par des patients Covid-19. 

L'ARS d'Île-de-France dénombre 203 clusters actifs dans la région. Pour 40 %, ces clusters ont été détectés dans le milieu scolaire et universitaire, pour 26 % dans le milieu professionnel et 10 % dans des rassemblements privés. S'agissant du nombre de nouveaux cas, "c'est trois fois et demi plus qu'il y a un mois", a précisé le directeur général de l'ARS. 

Dimanche soir, les services du Premier ministre ont annoncé que Paris et les trois départements de la petite couronne basculaient en "zone d'alerte maximale" pour freiner la propagation de l'épidémie de Covid-19.

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