Le musée de l'Érotisme ferme ses portes et disperse sa collection, vendue aux enchères ce dimanche. Mais la sensualité s'expose toujours, dans la capitale ou sur le web.

Plexi/cône “Les seins de Mona Lisa“, 2003  Impression sur matière plastique.  48 x 69 cm  Reproduit page 37 dans : VARENNE, FEMMES DE CRISTAL ET DE FUMEE, L'EROTISME SACRE, édition Zanpano 2011.
Plexi/cône “Les seins de Mona Lisa“, 2003 Impression sur matière plastique. 48 x 69 cm Reproduit page 37 dans : VARENNE, FEMMES DE CRISTAL ET DE FUMEE, L'EROTISME SACRE, édition Zanpano 2011. © Alex Varenne / Maison de Ventes Cornette de Saint-Cyr

Le loyer était devenu trop cher, le propriétaire de l’immeuble a décidé de ne pas renouveler le bail et aucune solution viable ne s’est présentée pour réinstaller ailleurs le musée de l'Érotisme, cette institution muséale entièrement privée, version parisienne d'autres établissements de référence comme le Venustempel d’Amsterdam et le musée du sexe de New York.

Par ailleurs la baisse de la fréquentation des touristes, principaux visiteurs du musée du boulevard de Clichy, à Paris, ont convaincu les fondateurs de fermer définitivement cette institution, créée en 1997 par Jo Khalifa et Alain Plumey, ex-star du porno.

Mémoires des maisons closes, objets représentants le sexe et l’amour venus des quatre coins de la planète, œuvres d’art contemporain, quelque 2 000 pièces sont proposées aux enchères par la maison Cornette de Saint-Cyr ce dimanche. Les prix vont de 100 à 10 000 euros pour des objets tels que gravures de maisons closes, reproduction d’après Arcimboldo de têtes couvertes de pénis, sculptures sur bois de masques, sexes, scènes amoureuses, ou œuvres très récentes comme la Joconde d’Alex Varenne, auteur de bandes dessinées qui s’est peu à peu tourné vers le pop art.

Le reportage de Jérôme Jadot :

L'érotisme : 25 milliards de dollars

Cela a été maintes fois écrit, avec l’essor de sites internet pornographiques tel que Youporn, les soirées X à la télé ont pris ont coup de vieux et l'érotisme est passé pour un jeu de cour de récré. Mais à peine le hard occupait-il le devant de la scène que, déjà, les tendances changeaient avec l'avènement du porno féminin et enfin du porno sans sexe. Bref, l'érotisme à peine mort était déjà ressuscité.

Sex toy, cinema ou littérature coquine, lingerie affriolante… le chiffre d'affaires mondial de l'érotisme est estimé à 25 milliards de dollars.

Il y a eu notamment le succès de 50 nuances de Grey au cinéma. Un sondage pour le journal Femme Actuelle montrait que 77% des femmes ont vu un film érotique et que plus d'une sur deux a lu un roman rose. 31% considèrent cette lecture comme un moyen de booster leur libido (sondage Ifop, réalisé auprès de 1 007 femmes, du 6 au 9 janvier 2015).

Vitrine - Paris
Vitrine - Paris © AFP / Bertrand Gay

Love stores contre sex shops

Pendant ce temps aussi, se déroule une bataille terminologique. Alors que l'éventail des pratiques sexuelles des français s'étoffe, il est quasiment impossible d'ouvrir un sex shop à Paris. En revanche, les love stores ont le vent en poupe. Deux termes, deux promesses : les mots sonnent moins crus, il s’agit d’accueillir un public de plus en plus féminin.

Face aux mastodontes aux millions de vidéos proposées et vues, on a vu naître à Paris un Festival du film de fesses, pour réhabiliter le cinéma érotique. Quant au salon de l’érotisme, Eropolis, avec séances de strip tease et autres mise en scènes, il tourne partout en France. A Paris, il reçoit en moyenne pour chaque édition 200 000 visiteurs.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.