« Au temps des clips, des jeux vidéo, des pubs, des reality shows, qu’avons-nous à faire du cinéma ? À l’heure des simulations, des programmes, des oracles, des scénarios, des sondages, des prévisions et précautions, à quel autre présent peut nous ouvrir le cinéma documentaire ? »Jean-Louis Comolli (Voir et Pouvoir) En s’attachant à décrypter par le cinéma des questions de sciences et de société, le Festival À NOUS DE VOIR se frotte depuis 26 ans à l’image. Celle-ci, capable de séduire et de fasciner, nécessite toutefois une mise en distance et un regard critique. Face à cette surconsommation d’images, l’engagement cinématographique qui est le nôtre propose de reconsidérer les savoirs – partagés, croisés (cinéastes-citoyens-scientifiques) – pour permettre à chacun d’appréhender autrement le monde dans lequel nous vivons. __ Au travers d’une sélection de films, nous nous battons pour initier une forme de résistance à l’hermétisme, à l’exhaustivité illusoire des savoirs de type scientifique véhiculés par l’image. Nous vous invitons de ce fait à découvrir des cinéastes qui suggèrent sans démontrer, sans tout vouloir montrer, et qui nous invitent à faire confiance au hors-champ pour remettre en cause certains partis-pris. En développant notre capacité à envisager l’existence même de l’invisible, du hors-cadre et des arrière-plans, ils nous permettent d’accéder à un autre point de vue face à la profusion d’images à laquelle nous sommes confrontés quotidiennement. Cette proposition artistique, que nous soutenons, se veut le contrepoint d’une manière schématique et réductrice de représenter le monde. Pour se mettre à l’œuvre et encourager les alternatives, ce sont plus de 30 débats qui seront animés par des scientifiques et des cinéastes. Ère de la saturation et saturation de l’air : À NOUS DE VOIR ouvre la porte en 2012 à des sujets qui montrent à quel point l’invisible, le non-dit, ce qui est « tu », caché nous entourent. Mauvaises ondes, radioactivité ou pesticides sont au programme pour nous rappeler qu’une confiance aveugle ne doit pas nous priver de bon sens. Mais l’invisible ne se cantonne pas seulement là et nous vous proposons de l’explorer sous d’autres déclinaisons : bonheur, Boson, mémoire, espace… Face aux enjeux de sciences, « un cinéma qui nous concerne », c’est un cinéma responsable, où chacun peut trouver sa place

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