Avec la propagation de variants du coronavirus plus contagieux en France, le Haut conseil de la santé publique et le ministre de la Santé Olivier Véran appellent à porter des masques dont la filtration est supérieur à 90%. Cela élimine une partie les masques en tissu de catégorie 2 et les masques artisanaux.

Masques artisanaux et chirurgicaux (photo d'illustration).
Masques artisanaux et chirurgicaux (photo d'illustration). © Radio France / Stéphanie Berlu

Le ministre de la Santé Olivier Véran a confirmé ce mardi à France Inter les recommandations du Haut conseil de la santé publique. L’instance consultative conseille de privilégier les masques de catégorie 1 et d'éviter certains masques en tissu moins filtrants, pour faire face à la propagation des variants britanniques et sud-africains du coronavirus en France, considérés comme plus contagieux. Seuls les masques avec un "pouvoir filtrant supérieur à 90%" restent "valides", a insisté Olivier Véran. Sont ciblés les masques en tissu de catégorie 2, assez rares sur le marché, et les masques artisanaux. Que peut-on porter ? France Inter fait le point.

Les masques FFP2 : Oui, mais

Le masque FFP2 s’impose dans certaines régions, est même obligatoire dans les transports en commun et commerces en Bavière, dans le sud de l'Allemagne, et en Autriche. Pourtant, le Haut conseil et Olivier Véran se refusent à généraliser son utilisation. Ce type de maque filtre au moins 94% des aérosols, mais il est impossible de contrôler s’ils sont "_bien porté_s" et "adaptés à la morphologie du visage", selon le Haut conseil. "Si deux personnes portent un masque filtrant à 90 %, l’efficacité est la même que si une personne porte un masque FFP2 et l’autre un masque classique. Donc, à ce stade, nous ne changeons pas les recommandations", a ajouté Olivier Véran. Pendant un temps, les masques FFP2 ont été réservés aux soignants. Ils sont aujourd’hui accessibles à tous, mais restent moins répandus que les masques chirurgicaux car plus cher. 

Masques chirurgicaux : Oui

Les masques chirurgicaux ont une efficacité de filtration bactérienne comprise entre 95% et 98%, rapporte l'Afnor, et restent dans les recommandations du Haut conseil pour se protéger des variants du coronavirus. Ils doivent être changés toutes les quatre heures ou dès qu’ils sont mouillés par la condensation ou la transpiration, précise l’UFC-Que Choisir. Et doivent couvrir le nez. 

Masques en tissu : Oui, s’ils sont de catégorie 1 et fournis par les industriels 

Ce sont les masques en tissu qui sont au cœur de la recommandation du Haut conseil de la santé publique. Les masques de catégorie 1 filtrent 90% des particules, tandis que ceux de catégorie 2 n'en bloquent que 70%, selon les normes élaborées par l'Association française de normalisation (Afnor). Les masques en tissu de catégorie 1 "fournis par les industriels et validés par la direction générale des armées" sont "aussi efficaces que les masques chirurgicaux" en termes de performance, selon l'instance consultative. Ces masques avaient déjà été recommandé à la fin du mois d’octobre dans plusieurs avis, a rappelé à franceinfo Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail permanent Covid-19 au Haut conseil de la santé publique. L’instance ne voit donc pas d’objection à utiliser des masques en tissu, tant qu’ils sont de catégorie 1, achetés dans l'industrie et validés. "Avec l'expérience, les industriels maintenant ne fabriquent pratiquement plus de masques de catégories 2", a développé Didier Lepelletier.

Le ministre de l’Éducation lui-même envisage de rendre les masques de catégorie 1 "obligatoires" pour les élèves "dans quelques jours". Jean-Michel Blanquer, invité de franceinfo ce mardi, a précisé que l'avis ne concernait pas les masques distribués aux personnels de l'Éducation nationale, ni ceux distribués exceptionnellement aux élèves quand ils oublient les leurs à la maison. 

Masques en tissu artisanaux : non

Le masque en tissu fabriqué à la maison n’a plus les grâces du gouvernement ni de l’instance consultative, et est considéré comme une protection insuffisante face aux nouveaux variants. "Le masque artisanal qu’on fabrique chez soi avec la meilleure intention du monde et en respectant les normes Afnor n’offre pas nécessairement toutes les garanties nécessaires", a justifié ce mardi sur France Inter Olivier Véran. "Ces masques en tissu faits maison sont extrêmement hétérogènes. Tout dépend du textile qui était utilisé et des conditions de fabrication. Donc on est devant un objet qui, finalement, n'assure pas une garantie suffisante pour protéger le porteur", a déclaré sur franceinfo Bruno Grandbastien, médecin hygiéniste et président de la Société française d’hygiène hospitalière.

Deux masques l’un sur l’autre ? Pourquoi pas

Plusieurs personnalités ont été aperçues avec deux masques, comme le nouveau président des États-Unis Joe Biden, ou l’entraineur d’une équipe de football américain, Bill Belichick. La superposition de deux masques moins spécialisés peut offrir une protection comparable aux masques N95, l’équivalent du masque FFP2 aux États-Unis, selon Linsey Marr, scientifique américaine interrogée par le New York Times, mais la superposition peut diminuer la respirabilité.

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