91% des français approuvent l'euthanasie active
91% des français approuvent l'euthanasie active © reuters

Deux députés rendent public aujourd'hui un texte pour améliorer la loi sur la fin de vie de 2005. Au centre de leurs propositions, une meilleure prise en compte des souhaits des patients. Sans aller jusqu'à l'euthanasie ou le suicide assisté.

C'était l'un des 60 engagements de campagne de Francois Hollande en 2012. Fournir une "assistance médicalisée" à toute personne en phase avancée ou terminale d'une maladie incurable pour lui permettre de "terminer sa vie dans la dignité". Depuis deux ans, de nombreux rapports avaient été commandés mais aucun projet de texte n'avait vu le jour.

François Hollande a annoncé qu'une loi sur la fin de vie serait prochainement votée. "Le temps est venu de procéder au vote d'une loi", explique le président. Sans toutefois prononcer une seule fois le mot "euthanasie".

Mourir dans la dignité pour vivre pleinement sa vie, telle est aujourd'hui la volonté que le législateur mettra dans le droit de notre pays.

Ce sera une grande avancée, elle répondra à beaucoup plus de situations qu'on ne l'imagine aujourd'hui.

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"Je demande à ce qu'un débat puisse être organisé dès le mois de janvier"

La sédation jusqu'au décès

En juin dernier, le Premier ministre a mandaté deux députés pour faire des propositions au chef de l'Etat. L'un de la majorité Alain Claeys, l'autre de l'opposition Jean Leonetti, auteur de la loi en vigueur sur la fin de vie depuis 2005.

Le texte qui est arrivé sur le bureau du chef de l'Etat ne reprend pas les termes de la promesse de campagne du candidat Hollande. Les deux parlementaires proposent de généraliser les directives anticipées, sorte de marche à suivre exprimée à l'avance par le patient pour éviter tout acharnement thérapeutique.

Alain Claeys était l'invité du journal de 13h, il répond aux questions de Claire Servajean

Selon le journal Libération, le texte pourrait également, pour la première fois, proposer la possibilité "d'une sédation profonde et terminale jusqu'au décès des patients dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Une proposition de loi discutée l'an prochain

Les deux députés ont longuement discuté pour se mettre d'accord sur la formulation des pistes proposées aujourd'hui au chef de l'Etat. Jean Leonetti aurait refusé l'idée d'une aide à mourir, comme Francois Hollande l'avait suggéré en 2012. Le député craignant que ce terme soit assimilé à une forme d'euthanasie. La loi qui porte son nom interdit déjà l'acharnement thérapeutique et autorise l'arret des traitements lorsqu'ils sont jugés disproportionnés.

Ce texte servira de base à une proposition de loi qui pourrait être discutée au Parlement l'an prochain. Mais selon Alain Claeys, "le débat qui traverse la société ne sera pas tranché par le projet de texte". Autrement dit, il n'abordera pas la question de l'euthanasie ou du suicide assisté.

Euthanasie : la législation en Europe
Euthanasie : la législation en Europe © Radio France
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