La loi de 2005 du même Jean Leonetti, adoptée à l'unanimité, avait instauré un droit "au laisser mourir", en permettant d'arrêter un traitement ou de refuser l'acharnement thérapeutique. Mais beaucoup la considèrent bien trop timide, et même un frein à l'adoption de dispositions plus adaptées et notamment le droit au suicide assisté.

Durant la campagne, François Hollande s'était engagé à créer un droit à "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". Il a confié la mission de rédiger un projet de loi à deux députés de la majorité et de l'opposition, Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (Les Républicains), dans un "esprit de rassemblement" et à la surprise générale, des parlementaires des deux chambres sont parvenus à un accord à l'unanimité sur une version commune mardi dernier.

L'Assemblée nationale devrait donc voter le texte à une large majorité en fin de journée, et le Sénat dans la soirée , bien que tout le monde ne soit pas entièrement satisfait par le texte. Pour les radicaux de gauche, les écologistes et une part des socialistes, il s'agit d'un projet de loi timoré, loin de l'assistance médicalisée active à mourir qu'ils appellent de leurs vœux. Une partie des parlementaires de droite auraient voulu en rester à la législation de 2005 voire revenir en arrière, craignant des dérives du type euthanasie.

Ce que dit le projet de loi

Le proposition de loi prévoit notamment un "droit à la sédation profonde et continue" jusqu'au décès pour les patients en toute fin de vie dont la souffrance est insupportable explique Jean Leonetti à Danielle Messager

Avoir le droit de dormir pour ne pas souffrir en fin de vie

Interrogés en 2015, 96% des Français, s'y étaient déclarés favorables dès que la demande émane du malade lui même.

Le texte rendra en outre contraignantes les "directives anticipées" , par lesquelles chacun pourra stipuler son refus d'un acharnement thérapeutique. Ces directives ne seront cependant pas opposables, car le médecin pourra y déroger en cas s'il les juge manifestement inappropriées - comme une tentative de suicide - ou non conformes à la situation médicale.

Les explications de Danielle Messager

Le gouvernement a préparé un plan de développement des soins palliatifs, dont l'accès est insuffisant et disparate sur le territoire.

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