La maire de Paris annonce la fin des voitures et véhicules essence pour 2030. Mais pour dé-carboniser cette métropole aux 600 000 voitures, le défi est de taille.

À Paris, 80% des véhicules ne circulent qu'avec une seule personne à bord.
À Paris, 80% des véhicules ne circulent qu'avec une seule personne à bord. © AFP / JEAN AYISSI

Alors que l’agence Santé Publique France révèle que la pollution aux particules fines est la troisième cause de mortalité dans le pays, la maire de Paris poursuit son offensive contre les voitures. Après la fin des moteurs diesel, Anne Hidalgo annonce cette fois le passage de sa ville au tout électrique à l’horizon 2030. La mesure, déjà largement décriée, apparaît en effet comme une prouesse, difficile à réaliser dans une capitale européenne où évoluent près de 600 000 véhicules chaque jour. La Mairie de Paris, elle, a son plan en plusieurs étapes pour réaliser la bascule

Plein pot sur les transports en commun

Une étude citée par la Mairie affirme que 100% des Parisiens habitent à moins d’un kilomètre d’une ligne de transport en commun, et l’adjoint aux transports de la ville, Christophe Najdovski explique de son côté que les voitures et deux-roues motorisés, qui occupent à Paris 50% de l'espace public, ne représentent que 13% des déplacements, et que 8 voitures sur 10 qui circulent dans Paris ne transportent qu’une seule personne.

La question des transports parisiens sera donc le principal sésame pour cette bascule au tout électrique : près d'un milliard d'euros seront mobilisés par la ville pour développer les transports collectifs, intra et extra-muros (conversion du parc de bus à l’électrique, prolongement du RER E, des lignes 14 et 11 du métro, réalisation de lignes de bus à haut niveau de service).

Vélos en roue-libre

L’autre grand axe de stratégie de décarbonisation d’Anne Hidalgo est la plus grande part des « mobilités douces » : la mairie de Paris a lancé en 2015 un grand plan « Vélo » doté de 150 millions d’euros, pour la mise en place d’un Réseau Express Vélo (REV), chargé d’installer des pistes cyclables dans les grands axes de la ville. Les piétons ne sont pas en reste : un plan « Paris piétons », de 90 millions d'euros, a été mis en place pour renforcer la place du piéton dans l’espace public (zones piétonnes, Journée sans voitures, etc…)

Carottes fiscales pour attirer les automobilistes à l’électrique

Paris, pour réussir sa conversion, pourrait ainsi prendre exemple sur d’autres capitales du nord de l’Europe, qui ont aussi pour but de bannir la voiture individuelle de leur centre-ville. Oslo, par exemple, a aussi investi pour son réseau de transport, mais propose en plus des carottes fiscales pour achever de convaincre les automobilistes désireux de garder une voiture, de passer à l’électrique : ils ne paient ni leur parking, ni le péage mis en place à l’entrée de la ville, et ont le droit de circuler dans les lignes de bus, même aux heures de pointe.

La clé : des bornes de recharge en nombre suffisant

Pour les rares automobilistes de la région parisienne qui sont passés à l’électrique, c’est le principal problème : le stress de la recharge, alors que les bornes sont encore trop peu nombreuses à Paris et dans sa région, et que les véhicules ne sont pas encore suffisamment autonomes. A Oslo, toujours, la ville a décidé de prendre en charge la moitié des investissements nécessaires pour les installer en nombre suffisant, tandis que le reste est financé par des acteurs privés.

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