Il y avait une condition, fixée par le chef de l'Etat, à la fin du confinement stricte à partir du 15 décembre : descendre autour des 5 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour. Sauf qu'à huit jours de l'échéance, ce chiffre stagne autour des 10 000.

Les 5.000 nouveaux cas de Covid-19 par jour sont encore loin... L'exécutif devra-t-il changer ses plans ?
Les 5.000 nouveaux cas de Covid-19 par jour sont encore loin... L'exécutif devra-t-il changer ses plans ? © AFP

C'est Emmanuel Macron qui avait fixé ce seuil. Dans son adresse aux Français, il y a deux semaines, le président de la République avait estimé que pour pouvoir lever le confinement à partir du 15 décembre et "franchir un cap", il faudrait "autour des 5 000 contaminations par jour [à la Covid-19] et environ 2 500 à 3 000 personnes en réanimation". "Nous avons encore devant nous plusieurs semaines pour atteindre les objectifs […] qui permettent de contrôler l’épidémie", disait-il le 24 novembre. Avant d'ajouter que ce même seuil de "5 000 cas par jour" serait aussi un critère pour, début 2021, autoriser les les salles de sport et les restaurants à rouvrir. Mais qu'en est-il aujourd'hui, à une semaine du premier palier fixé par Emmanuel Macron ?

Contaminations en baisse mais les 5000 sont encore loin

Sauf que, selon les chiffres publiés par les autorités sanitaires, la moyenne quotidienne des contaminations était de 10 650 cas par jour la semaine dernière (du 30 novembre au 6 décembre), contre 11 180 la semaine précédente. Comme le montre cette courbe, le nombre quotidien de nouveaux cas de coronavirus a retrouvé, depuis deux semaines, le niveau du mois de septembre. Néanmoins, depuis une semaine, aucune baisse significative n'est observée. On est clairement sur plateau.

Sur le front des lits occupés en réanimation, sommes-nous proches du seuil de 2 500-3 000 occupations évoquées par Emmanuel Macron ? Pas très loin : il y a actuellement 3 200 personnes hospitalisées :

L'Elysée tient au conditionnel

L'exécutif devra-t-il changer ses plans ? Prolonger les restrictions de déplacements, mettre en place un couvre-feu plus drastique que celui initialement prévu ? Les règles définitives pour Noël tomberont jeudi, au plus tard, lors de la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement, après un premier point sur les chiffres lundi soir que doit faire Jérôme Salomon, directeur général de la Santé. 

D'ici là, l'Élysée rappelle qu'Emmanuel Macron a toujours mis du conditionnel et raisonné par paliers. "Le Président a raison d'être plus prudent que certains de ses homologues", estime en tout cas la présidence auprès de France Inter. 

Mais "passer de 11 000 à 5 000 cas par jour en une semaine, on ne sait pas faire", concède l'entourage du ministre de la Santé, Olivier Veran, qui avertit : "Un plateau de trois mois peut-être aussi meurtrier que la première vague." Il manque toutefois "encore un peu de recul" sur les chiffres pour déterminer s'il s'agit d'une reprise de l'épidémie ou d'un simple palier. Le ministère s'inquiète toutefois de voir de moins en moins de tests effectués et le nombre de cas positifs, au mieux, stagner. 

Un objectif "pas atteignable", selon les soignants

"Manifestement, on n'y sera pas, même si la décrue est réelle. Même si on arrivera pas à la jauge des 5000, il est possible qu'un couvre-feu participe à la baisse de circulation du virus, mais cela suscite l'inquiétude des soignants", explique à France Inter Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, à Paris. Il appelle d'ailleurs, pour les fêtes, à réaliser un "auto-confinement" de quelques jours avant de rendre visite à ses proches ou bien en réalisant un test PCR 48h avant le repas de Noël ou du jour de l'An. 

Cet objectif, fixé par le chef de l'Etat pour lever le confinement le 15 décembre, semble impossible à atteindre pour Éric Caumes. "Je pense que ce ne sera pas atteignable parce que la courbe, effectivement, arrête de descendre et se stabilise, donc ça sera difficile d'atteindre ça", a estimé le chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, lundi matin sur LCI.

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