Facebook a annoncé ce lundi qu'il allait désormais supprimer les contenus niant l'Holocauste sur son site. Jusqu'à présent, à part dans les pays où c'est interdit (dont la France), il était possible de tenir de tels propos : Mark Zuckerberg avait justifié un "droit à se tromper".

Mark Zuckerberg, lors d'une de ses auditions au Congrès américain
Mark Zuckerberg, lors d'une de ses auditions au Congrès américain © AFP / MANDEL NGAN / POOL

Ce lundi, Facebook a annoncé qu'il allait mettre à jour "sa politique sur les contenus haineux, pour interdire tout contenu qui nie ou déforme l'Holocauste", selon une publication de Monika Bickert, vice-présente du réseau social en charge des contenus. 

Pour l'occasion, Mark Zuckerberg s'est fendu d'un post où il explique notamment avoir "bataillé avec ce dilemme, entre soutenir la liberté d'expression et les dommages causés par le fait de minimiser ou de nier l'horreur de l'Holocauste, ma propre réflexion a évolué en voyant les données qui montrent une hausse des violences antisémites".

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Hausse des contenus signalés

"Des organisations qui étudient les tendances dans les discours de haine nous signalent une augmentation des attaques en ligne partout dans le monde", indique Facebook, qui cite une étude selon laquelle près d'un quart des Américains âgés de 18 à 39 ans croient que l'Holocauste est un "mythe", que "c'est exagéré" ou "ne sont pas sûrs". Le géant des réseaux sociaux précise avoir déjà banni 250 organisations suprémacistes, et pris des mesures pour bannir les milices et les QAnon, partisans de Donald Trump tenants d'une théorie du complot. 

Cette interdiction devrait prendre effet de façon progressive, et les internautes seront plutôt redirigés vers des contenus plus fiables – de la même manière que dans la lutte actuelle contre les fake news. 

Zuckerberg avait essayé de se justifier

Cette annonce est un revirement pour le réseau social, qui jusqu'ici ne bannissait pas les contenus négationnistes dans un pays, les Etats-Unis, où révisionnisme et négationnisme ne sont pas prohibés. À plusieurs reprises, Mark Zuckerberg avait été vivement critiqué pour avoir essayé de justifier cette tolérance : "Au bout du compte, je ne crois pas que ce soit le rôle de notre plateforme de les retirer. Je ne pense pas que ce soit intentionnel", avait-il déclaré dans une interview. "Les gens font parfois des erreurs, il est difficile de comprendre leurs intentions", avait expliqué le patron de Facebook. 

En France, cette annonce devrait avoir assez peu d'impact : les propos négationnistes étant punis par la loi, le réseau social était déjà tenu d'en empêcher l'apparition et la prolifération, sous peine de poursuites pénales.