Experts psychologues et psychiatres ont défilé à la barre de la cour d'assises du Puy-de-Dôme, pour tenter de cerner la personnalité de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf.

Croquis d'audience, avec Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf
Croquis d'audience, avec Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf © AFP / Benoit PEYRUCQ /

Ils sont poursuivis pour coups mortels sur la petite fille de 5 ans et demi, en 2013, dont ils avaient simulé la disparition avant d’avouer sa mort. Son corps n’a jamais été retrouvé.

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Au cœur des débats : la mère, Cécile Bourgeon

La jeune femme parle très peu depuis le début du procès, se réfugie dans l’oubli ou la colère, quand les questions se font trop insistantes. Elle a, certainement, été victime des coups de Berkane Makhlouf : lors de son arrestation, en septembre 2013, elle était couverte de bleus. Était-elle, pour autant, sous l’emprise de son compagnon violent ?

C’est plus complexe, disent les psychiatres, qui décrivent une personnalité forte, avec des capacités à s’opposer. Tous s’accordent à trouver chez Cécile Bourgeon un "vide narcissique énorme", dû à un "passé traumatique et des carences affectives précoces" : le même vide que chez Berkane Makhlouf.

Ensemble, ils s’étayent l’un l’autre, avec la drogue pour faire tenir

Dans ce couple pathologique, Fiona est "réduite au rang d’objet". La mère a confié à la psychologue qu'elle avait eu envie d'avoir "une petite fille blonde aux yeux bleus, comme la voisine", comme si c'était un trophée, une poupée.

Berkane Makhlouf a vu, lui, dans le trio formé par Cécile et ses deux filles, une cellule familiale fantasmée, qui viendrait réparer sa propre enfance saccagée. Jusqu'à ce que Fiona, en grandissant, ne réponde plus à sa fonction d'objet, et vienne "déranger" le couple.

"Impossible de distinguer la responsabilité de l’un ou de l’autre," selon Rodolphe Costantino, avocat de l’association Enfance et Partage : "ils sont tous les deux à égalité, dans ce fonctionnement de couple pathologique, qu'on retrouve dans d'autres affaires (Marina, Typhaine, Bastien...). Dans leur réalité psychique, ils devaient faire disparaître Fiona pour continuer à exister en tant que couple".

A deux jours de la fin du procès, on ne sait toujours pas clairement qui, de la mère ou du beau-père, a fait quoi. Quand on lui demande qui punissait Fiona, Berkane Makhlouf fait cette réponse : « C’était conjointement ».

Le verdict est attendu vendredi soir. Les accusés encourent tous les deux 30 ans de réclusion criminelle.

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