Flore Vasseur est écrivaine et documentariste. Le confinement l'a obligée à une remise en cause. Désormais, les voyages en avion c'est fini. Coté vie de famille, elle se recentre sur ses enfants et leur vie, au-delà des résultats scolaires.

Flore Vasseur
Flore Vasseur © .

Quand la crise du coronavirus a frappé la France, Flore entamait le montage d'un documentaire, Bigger than us, qu'elle venait de tourner un peu partout dans le monde auprès de jeunes activistes. Elle était en plein montage, chez elle à Lyon. 

L’empreinte de la crise du coronavirus :  _"_Ce qui m’a le plus frappée c’est de comprendre à quel point j’étais hors sol. Je n’étais jamais au même endroit plusieurs jours d’affilée. C’était un confort que d'être dans une certaine dispersion. J’étais de passage pour tout le monde. Je ne connaissais même pas le nom de mes voisins. Le ré-atterrissage forcé tout à fait bénéfique. C’est arrivé comme une bénédiction pour moi. L’an dernier j’étais partie aux quatre coins du monde filmer quelque chose de très important, l’histoire de jeunes qui agissent pour les autres sur le climat, la condition des filles, j’étais partie me nourrir de ce qu’ils avaient compris. Ce qui n’est pas sans intérêt avec ce qu’on est en train de vivre". 

Je ne connaissais même pas le nom de mes voisins. 

Résultat : _"_Sans ce confinement je n’aurais jamais passé le temps que j’ai passé à les réécouter. Sans confinement je n’aurais certainement pas fait le même film. Je n'y aurais pas mis le même amour." Flore Vasseur a compris que  ces témoignages lui ont "annoncé beaucoup de choses". "En fait ces gens sont en avance par rapport à nous, parce qu’ils sont dans des sociétés qui se sont déjà effondrées. Ils ont beaucoup intuition à nous transmettre. Là je me suis dit, ils ont des messages en fait." 

À la rentrée et au-delà : Flore Vasseur veut mettre un frein à ses voyages en avion. "J’avais déjà du mal avec la cohérence de faire un film sur des jeunes qui sauvent le monde et dépenser des tonnes de CO² pour aller le tourner. Il faut arrêter." Elle se promet aussi d'être "plus ancrée, physiquement et certainement avoir plus de voyages verticaux que horizontaux, et ça le confinement me l’a donné". 

La question c’est à quoi ça sert d’être là ? 

Cette crise, était-ce un mal pour un bien ? Elle remarque "que ce moment a fait apparaître les inégalités, et notamment combien nous étions inutiles. La question de son inutilité est certainement un mal pour un bien.  La question c’est à quoi ça sert d’être là ? Après on répond ou on ne répond pas ; la réponse est intime et elle n’a pas à être autre chose qu’intime". Pour elle, "il est temps d’arrêter de déléguer à d’autres l’idée que le vivre ensemble ça va bien se passer". 

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