Jusqu'en juin, la Direction générale des entreprises et l'association France e-sport organisent les assises de l'e-sport. Leur but : structurer cette discipline émergente. Parmi les thèmes abordés : la mixité. Seuls 5% des compétiteurs sont des femmes. L'association Women in Games œuvre pour les intégrer.

Servane et Floriane de l'association Women in Games
Servane et Floriane de l'association Women in Games © Radio France / Inès Lombarteix

Des assises pour structurer l'e-sport se tiennent actuellement en France, jusqu'au mois de juin. Cette discipline émergente met en compétition des joueurs en ligne. Aucune raison de séparer filles et garçons pour jouer en équipe. Et pourtant, le sexisme est présent. Seuls 5% des compétiteurs sont des femmes.

"C'est pas parce que je suis une femme que je ne suis pas capable de déchirer sur le jeu"

Parmi les jeux d'e-sport les plus connus : Counter Strike, sorti en 1999. C'est avec ce jeu de tir en réseau que Servane investit l'e-sport. Elle intègre une équipe mixte formée par ses amis d'enfance. Elle a 15 ans quand elle commence les compétitions. 

Malgré la bienveillance de ses amis, les autres compétiteurs ont du mal à accepter sa présence, si bien qu'un organisateur lui interdit de participer à une compétition. Elle prend alors le poste de remplaçante et finit pas ne plus jouer dans des équipes mixtes. Elle intègre alors une équipe féminine, mais le niveau est trop faible. Ne pouvant vivre de sa passion à l'époque, elle raccroche sa carrière de gameuse professionnelle en 2008. 

Depuis 10 ans, Servane (à droite) a arrété les compétitions pour jouer seulement pour le plaisir. Avec Floriane, elles ont rejoint l'association Women in games.
Depuis 10 ans, Servane (à droite) a arrété les compétitions pour jouer seulement pour le plaisir. Avec Floriane, elles ont rejoint l'association Women in games. © Radio France / Inès Lombarteix

Aujourd'hui, Servane est juriste dans une entreprise de jeux vidéo et membre de l'association Women in Games qui défend, notamment, la place des femmes dans l'e-sport. Elle dénonce les violences verbales qu'elle a subies : "Se faire insulter en ligne, ça a pu beaucoup m'atteindre, j'ai craqué quelque fois. Tout le monde se fait insulter, par contre, nous les femmes, on se fait insulter très violemment avec des réflexions très sexistes et sexuelles." 

Pour mieux intégrer les joueuses dans l'e-sport, Women in Games a créé un incubateur de joueuses pour les entraîner et, à terme, les intégrer dans des équipes mixtes. "De voir qu'on parque les hommes d'un côté et les femmes de l'autre, c'est comme quand on faisait des écoles de filles et de garçons. Pourquoi ? Ce n'est pas parce que je suis une femme que je ne suis pas forte et que je ne suis pas capable de déchirer sur le jeu. Ça, c'est quelque chose qui se travaille dans l'inconscient et qui peut prendre du temps", explique Floriane, elle aussi membre de Women in Games. 

Aujourd'hui, aucune équipe mixte d'e-sport n'existe à haut niveau. 

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