Le CSA, Tour Mirabeau
Le CSA, Tour Mirabeau © Valeria Emanuele

Les huit sages du CSA doivent se mettre d'accord pour élire le président du groupe public. Un nouveau vote est organisé jeudi apès-midi, alors qu'on reproche à cette élection un manque de transparence.

Le comble, quand on reproche à une procédure d'être opaque, c'est de constater la vitesse à laquelle les informations sur cette élections et ses candidats fuitent.

Les sages du CSA n'ont toujours pas reussi à se décider entre Delphine Ernotte et Pascal Josèphe. Les deux candidats sont auditionnés à nouveau ce jeudi après-midi. Ils auraient recueilli quatre voix pour la directrice générale adjointe d'Orange - un de moins que la majorité -, trois pour Pascal Josèphe, ex-directeur d'Antenne 2.

Le portrait des deux derniers candidats avec Antoine Giniaux

Le communiqué du CSA
Le communiqué du CSA © radio-france

L'actuel PDG de France Télévision aurait recueilli un vote alors que les autres candidats, identifiés par la presse (Cyrille du Peloux, dirigeant de Veolia, Robin Leproux (Ex-RTL et M6), Nathalie Collin, DG adjointe de La Poste, et Christophe Beaux, PDG de La Monnaie de Paris), plafonneraient à zero.

Un choix scruté à la loupe

Cette élection intervient quelques jous seulement après la fin de la grève à France Télévision, un conflit où le choix du CSA qui s'était porté il y a un an sur Mathieu Gallet, a été remis en cause.

La plus part des médias se demandent donc aujourd'hui si le CSA n'a pas décidé à nouveau de faire "un coup", en choisissant une femme qui n'a aucune expérience des médias, ayant effectué toute sa carrière dans le giron de l'opérateur téléphonique.

Savoir de quoi on parle est pourtant primordial pour rassurer les 10.000 salariés de France Télévision, un groupe fragilisé par des critiques incessantes, un plan de départs, un budget de 2,8 milliards d'euros et l'attention constante, mais pas toujours bienveillante, des politiques.

Un manque de transparence unanimement dénoncé

Les SDJ, Sociétés des journalistes des rédactions de France Télévisions écrivent :

L'équipe dirigeante va donc être choisie dans les bureaux d'un organe administratif de 8 membres, sans aucune transparence.

Ca partait pourtant d'une bonne initiavive : pour permettre à des grands patrons du secteur privé de se déclarer candidats, le CSA s'était engagé à ne pas dévoiler la liste de noms. Mais celà implique aussi, dans ce cas, de ne pas rendre publics les programmes des candidats, ainsi que leur audition.

Tout ce secret, les fuites inévitables et les déclarations de ceux qui - à l'étonnement général - n'ont même pas passé la première présélections destinée à écrémer les dossiers peu sérieux, ont ajouté à la suspicion que ce genre d'élection suscite toujours.

Elle faisait partie des favoris : Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde a été écarté par un courrier de quatre lignes. Même traitement pour Emmanuel Hoog, Président Directeur-Général de l’AFP et Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active, qui amer de n'avoir pu défendre un projet sur lequel il dit avoir travaillé durant neuf mois, il a choisi de prendre l'opinion publique à témoin en publiant son projet sur internet.

Membre du CSA jusqu'en 2013, Rachid Arhab regrette le mode de désignation choisi par le CSA :

Je trouve dommage que cette procédure manque de transparence et se fasse quasi en catimini. [...] Le public a le droit de savoir comment on nomme les présidents de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde.

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