Michel Field
Michel Field © Eric Fougere/VIP Images/Corbis

Les rédactions de France Télévisions, qui dénoncent le "mépris" et "l'indifférence" du directeur de l'information, organisent une assemblée générale jeudi et envisagent le vote d'une motion de défiance.

Delphine Ernotte va-t-elle regretter d’avoir remercié Pascal Golomer ? Ce sont plusieurs polémiques intervenues dans un temps assez bref qui lui avaient couté sa place en décembre dernier et notamment le psychodrame Marine Le Pen dans "Des paroles et des actes". Et voilà que le nouveau patron de l’Info de France Télévisions connaît à son tour un psychodrame lié à une émission politique.

On reproche en effet à Michel Fiel d’avoir été trop conciliant avec les demandes de l’Elysée dans la préparation de "Dialogue citoyen", l’émission de France 2 dont l’invité sera François Hollande. La chaîne est soupçonnée d'avoir réduit la liste de six Français qui devaient interroger le Président et notamment d’en avoir retiré une syndicaliste FO. Autre reproche : France Télévisions aurait envoyé le conducteur de l’émission à l’Elysée.

« Manipulations, mensonges et désormais insultes » (SDJ)

Un épisode qui s’ajoute aux reproches de la rédaction envers celui qui était censé donner "un nouveau souffle à l’information de France Télévisions, en s’appuyant sur le travail accompli ces dernières années par l’ensemble des équipes". Or, le nouveau souffle est un vent qui balaye les actuellement un certain nombre d’émission phare de la chaîne. Le tout agrémenté de commentaires déplaisant sur les journalistes qui les ont portées. La SDJ reproche ainsi à Michel Field : "le mépris, la désinvolture et parfois la grossièreté affichés à l'égard de nos rédactions". Il faut dire que le directeur de l’info, interrogé par Canal + pour "Le supplément", a vertement critiqué Guilaine Chenu et Françoise Joly, les présentatrices d’Envoyé spécial, à qui il vient de retirer l’animation de l’émission, sans un mot pour leurs seize années à la tête de cette émission emblématique de France 2.

Dans la même interview, interrogée sur l’avenir de l’émission "Complément d’enquête", Michel Field a voulu plaisanter en conseillant à Nicolas Poincaré de "ne pas se suicider tout de suite!" en attendant de savoir si son émission sera prolongée ou arrêtée.

Des excuses tardives

Des déclarations qui ont fortement déplu dans les rédactions, déjà mobilisées autour du projet de fusion qui a été la cause d’un mouvement de grève le 7 avril dernier, résumé par Michel Field par un "Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre". Le courrier d’explication envoyé lundi aux journalistes n’y a rien changé

J'ai sans doute dû me laisser entraîner par ce climat qui m'a fait commettre des maladresses que je reconnais bien volontiers et que je regrette pour celles et ceux qui sont affectés.

La réponse des rédactions est cette assemblée générale, organisé jeudi, et qui peut déboucher sur le vote d’une motion de défiance , selon Manuel Tissier, le président de la SDJ de France 2 :

Certains pensent qu'il faut montrer un signal fort, d'autres qu'il faut laisser une seconde chance au directeur de l'info. Nous sommes en train d'en discuter.

De multiples reproches pour le responsable de la rédaction

Parmi les griefs des SDJ figurent également "le mépris, la désinvolture et parfois la grossièreté affichés par le directeur de l'info" Michel Field "à l'égard de nos rédactions", "l'absence de réponses concrètes aux multiples interrogations suscitées par le projet de chaîne d'info publique" ou "le spectre d'une fusion des rédactions bien plus large que prévu si le nom de cette offre est France Info".

Les SDJ s'inquiètent également de "la volonté, pour la première fois, d'externaliser une émission politique à une boîte de production extérieure". Cette nouvelle émission, présentée par Karim Rissouli et prévue sur France 2 le jeudi à 20H15, annoncée par Michel Field dimanche sur Canal +.

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