Anthropologue, ethnologue, Françoise Héritier s'est éteinte. Celle qui a succédé à Claude Levi-Strauss au Collège de France a laissé une oeuvre riche et se définissait elle même comme une spécialiste "des sociétés humaines et de l'esprit humain".

"Toutes les actions qui font avancer la cause des femmes sont bonnes à prendre" disait-elle sur France Culture en octobre dernier.
"Toutes les actions qui font avancer la cause des femmes sont bonnes à prendre" disait-elle sur France Culture en octobre dernier. © AFP / MICHELE BANCILHON

Dans son livre "Le Sel de la vie", Françoise Héritier pensait encore aux femmes et à ce peu de temps dont elles disposaient pour le plaisir, le savoir, la détente, ce qui fait le sel de la vie. 

Tout au long de sa vie, elle parlera et regardera les femmes avec curiosité et intelligence. L'anthropologue et ethnologue a vécu en Afrique, a beaucoup œuvré contre le sida, et a occupé le siège de Claude Levi-Strauss au Collège de France, dont elle a suivi le séminaire et qui lui a donné le goût de l'ethnologie. Elle avait inauguré la chaire "d'étude comparée des sociétés africaines". Elle part en 1958 pour l'Afrique occidentale, elle se rendra notamment longuement au Burkina Faso. 

"La seule espèce dont les mâles tuent les femelles"

Tout au long de sa carrière, cette anthropologue de renom s'attachera à étudier "les sociétés humaines". Elle entra au CNRS en 1967.  Ses travaux sur le fonctionnement des systèmes semi-complexes de parenté et d’alliance. 

À la question posée par le magazine Sciences et avenir "Qu'est-ce que l'homme", elle avait répondu : "La seule espèce dont les mâles tuent les femelles". 

En 1980, elle devient directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales où ses recherches portent notamment sur la domination masculine, les systèmes de parenté et la prohibition de l'inceste. "J'ai été très tôt sensible au fait que les femmes étaient traitées comme des servantes ou des enfants", dira t-elle au sujet de son combat pour les droits de femmes. 

En mars 2017, elle était reçue par Claire Servajean dans l'émission une semaine en France au sujet des inégalités et de la domination masculine : "Ce qui a été créé par l'esprit peut être détruit par l'esprit".

France Culture a réalisé une émission qui lui est consacrée, dans laquelle elle évoquait sa "nature optimiste". "C'est le cours de la vie qui m'a appris à trouver de la joie dans les petites choses et dans le simple fait de vivre". 

France Inter lui rend hommage 

• Dans La tête au carré de Mathieu Vidard

• Dans L'heure bleue de Laure Adler 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.