Alors que le compteur de dons a décollé plus vite que prévu, Frédéric Revah, directeur général du Généthon (laboratoire du Téléthon), rappelait dans le journal de 13h de France Inter à quel point leurs recherches sauvent encore des vies chaque année.

Frédéric Revah, directeur général de Généthon, sur France 3 le 4 décembre 2020
Frédéric Revah, directeur général de Généthon, sur France 3 le 4 décembre 2020 © Capture d'écran France Télévisions

FRANCE INTER : Étiez-vous inquiet pour ce Téléthon 2020, qui se déroule dans un contexte très particulier de crise sanitaire et économique ?

FRÉDÉRIC REVAH : "Ce qu’on voit, c’est que les Français sont au rendez-vous du don. Je crois qu’ils ont été convaincus par les victoires incroyables qu’on a obtenues : Généthon, créé grâce au Téléthon il y a 30 ans, est à l’origine de traitements, de thérapies géniques, une approche d’avant-garde pour des maladies qui, il y a encore quelques années, étaient considérées comme incurables ! Ces maladies condamnaient de manière irrévocable des enfants à mourir au plus jeune âge."

Le compteur de dons grimpe ces dernières heures (plus de 24 millions d'euros récoltés à 17h ce samedi), c'est une réussite pour vous ?

"Oui mais il ne faut pas oublier qu’il n’y aura pas cet après-midi en France, comme habituellement, la plupart des animations qui sont organisées dans chaque ville, chaque village [pour cause de Covid, NDLR]. Or ces animations représentent 40 % du compteur [de dons] : il est donc important de continuer à nous soutenir, et les heures qui viennent sont cruciales. C’est pour ça qu’on attend les donateurs au 36.37, sur telethon.fr, pour compenser l’absence de ces manifestations."

Quels exemples citeriez-vous pour illustrer à quel point le Téléthon est toujours vital aujourd'hui ?

"Je pourrais en donner une vingtaine ! Par exemple, l’amyotrophie spinale infantile, une maladie qui tue les enfants avant l’âge de deux ans : grâce au Téléthon c’est la découverte du gène en 1995, mais aussi la première mise au point d’une thérapie expérimentale… Et aujourd’hui, depuis 2019, c’est un médicament qui existe, qui a traité des centaines de patients à travers le monde, 27 enfants traités étaient sur le plateau du Téléthon vendredi soir... Des enfants qui étaient condamnés et qui aujourd’hui sont avec nous ! Ceux qui ont été traités le plus tôt sont des enfants qui aujourd’hui peuvent marcher, ont récupéré de la force, de l’autonomie. C’est une victoire exemplaire."