Manifestation du DAL à Lille
Manifestation du DAL à Lille © MaxPPP / Thomas Lo Presti

La trêve hivernale s’est achevée le 31 mars au soir. Les expulsions locatives peuvent reprendre. L’association Droit au Logement se mobilise. Et des mairies ont décidé de prendre des arrêtés pour conditionner les expulsions à un relogement.

Depuis ce vendredi au petit matin, la vie de certains locataires est de nouveau en suspens, avec l’angoisse quotidienne d’une possible arrivée de l’huissier. La trêve hivernale a pris fin, et les expulsions locatives sont de nouveau autorisées. Selon le Réseau Stop aux expulsions logement, entre 30 et 40.000 personnes sont susceptibles d’être expulsées depuis la fin de la trêve.

Manifestations du DAL partout en France

Ce samedi, des rassemblements étaient organisés à Mulhouse, Colmar, Lille, Nîmes, Nantes, Clermont-Ferrand, Toulouse et Paris.

Le reportage à Toulouse de Frédéric Bourgade.

"Il y avait normalement la loi ALUR sur l'accès au logement, avec une garantie universelle des loyers. Elle a été réduite à une simple assurance que les propriétaires doivent souscrire et qu'ils font du coup payer à leur locataire. C'est inacceptable. " Tristan, de l'association Droit au Logement à Toulouse.

A Paris, quelques centaines de personnes se sont retrouvées place de la République ce samedi en début d’après-midi à l’appel du DAL. Le porte-parole de l’association, Jean-Baptiste Eyraud, a appelé les manifestants à participer au mouvement "Nuit Debout" qui se tient depuis quelques soirées sur cette même place de la République pour dire non à la loi travail.

Reportage de Yann Gallic, place de la République à Paris.

Le DAL demande l’application de la loi sur le droit au logement opposable instaurée en 2007, avec un relogement systématique des personnes expulsées. Il y a, selon le DAL, 300.000 logements vacants en France, dont 100.000 à Paris .

Ce mercredi, la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a annoncé la pérennisation de 2.300 places d’hébergement d’urgence et un plan pour "mettre fin à la gestion saisonnière ". Le "plan de prévention des expulsions " doit permettre de trouver plus rapidement des solutions en cas d’impayés, et de maintenir les aides au logement (APL) pour les locataires qui sont sous le coup d’une décision d’expulsion.

Des maires prennent la défense des locataires expulsables

Onze maires d’Ile-de-France et de la Sarthe s’opposent à ces expulsions locatives. Ils viennent de prendre des arrêtés municipaux pour les empêcher si l’État ne prévoit pas dans le même une solution de relogement. Cela concerne Stains, La Courneuve, Saint-Denis, Bondy et Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), Bagneux et Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Bonneuil-sur-Marne, Villeneuve-Saint-Georges et Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), ainsi qu’Allonnes (Sarthe). Ces maires basent désormais leur argumentaire sur les droits de l’Homme, et non plus sur la crainte de "troubles à l’ordre public ". Jusqu’à présent, ce type d’arrêté avait été systématiquement cassé par les préfets et juges administratifs.

Azedine Taïbi, maire communiste de Stains (Seine-Saint-Denis) a coordonné cette démarche.

"On a tendance à penser que celles et ceux qui ne payent pas leur loyer sont des mauvais payeurs. C'est faux. 99% d'entre eux font soudainement face à une perte d'emploi, un problème de santé, ou une séparation. " Azedine Taïbi, maire de Stains.

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