Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National
Le 1er mai 2014 M. Le Pen avec certains des nouveaux maire Front National © PHOTOPQR/LE PARISIEN / PHOTOPQR/LE PARISIEN

Selon une étude de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), les préjugés antisémites sont nettement plus marqués chez les sympathisants du Front national et les Français nés dans une famille musulmane que dans le reste de la population.

Tout est parti d'un rapport sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, en 2004, mené par Jean-Christophe Rufin. Dix ans après, la Fondapol a demandé deux enquêtes Ifop sur le même sujet, pour constater les éventuelles évolutions.

En 2004, on notait "une diminution du rôle de l'extrême-droite dans la responsabilité des violences antisémites et, en revanche, une augmentation de celui d'une frange de la jeunesse issue de l'immigration."

La crainte d'un "président de la République juif"

En 2014, selon le directeur général de la Fondapol, Dominique Reynié, "l'enquête met fin à l'idée d'un parti qui s'est normalisé". Le sondage montre en effet que, sur l'échantillon d'un millier de personnes interrogées, 53% des proches du FN et 49% des électeurs de Marine Le Pen en 2012 veulent "éviter un président de la République juif", contre 21% dans l'ensemble de l'échantillon. Ils sont aussi deux fois plus nombreux que la moyenne (29 % contre 12 %) à considérer qu'il n'est pas "important d'enseigner la Shoah aux jeunes générations".

Dominique Reynié s'inquiète de ces nouvelles formes d'antisémitisme (au micro de Nasser Madji)

Chez les personnes interrogées qui se déclarent "d'origine musulmane", on considère à 43 % que "les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l'économie et de la finance" (contre 25 % sur l'ensemble des personnes interrogées). Chez ceux qui se déclarent "croyants", le chiffre monte à 69 %, et jusqu'à 79 % chez les "pratiquants".

L'enquête a été réalisée :

  • sur Internet, auprès de 1 005 personnes pour les données sur le Front national

  • en face à face dans la rue, auprès de 575 personnes, pour les données sur les familles musulmanes

Dominique Reynié reconnaît toutefois que cette seconde enquête ne constitue pas un échantillon représentatif. "Il n'est pas possible d'avoir une France musulmane en petit", se justifie-t-il.

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