Dix jours après la fusillade qui a fait sept blessés à Beaune, le parquet de Dijon ne privilégie toujours aucune piste. Au grand dam des habitants du quartier Saint-Jacques qui se sentent délaissés alors qu'ils crient à l'agression raciste.

La fusillade qui a fait sept blessés s'est déroulée en pleine nuit dans le quartier beaunois de Saint-Jacques.
La fusillade qui a fait sept blessés s'est déroulée en pleine nuit dans le quartier beaunois de Saint-Jacques. © Radio France / Yann Gallic

À Beaune, les habitants du quartier Saint-Jacques restent traumatisés par la nuit du 29 au 30 juillet. Ce soir-là, sept jeunes sont blessés par des tirs de fusil de chasse. Farid, 21 ans, fait partie des victimes : "on était une quinzaine réunis ici", dit-il en montrant le lieu de l'attaque en face d’un petit terrain de basket, au milieu des immeubles. Il rassemble ses souvenirs et continue : "on jouait à la console quand une Clio rouge, avec trois ou quatre occupants, a essayé de nous foncer dessus vers 01h30. Il nous ont crié des insultes". 

Sales arabes, sales bougnoules ! Vous êtes pas chez vous ici, on va tous vous tuer !

Deux heures et demie plus tard, "ils sont revenus avec la même voiture et ils ont tiré sur tout le monde" termine Farid. À ce jour, deux jeunes sont toujours hospitalisées. Ils se disent victimes d'un acte raciste alors que le parquet de Dijon reste prudent.

Racisme ou règlement de compte ?

Selon le procureur adjoint de Dijon, l'enquête est difficile et nécessite du temps. Elle pourrait toutefois s’accélérer ces prochains jours avec l'interpellation possible des agresseurs, mais Thierry Bas ne confirme toujours pas l'hypothèse d'une attaque raciste. 

L'autre piste étudiée est celle du règlement de compte, ce qui fait bondir SOS Racisme. Pour son président, Dominique Sopo, "cette hypothèse ne repose que sur les clichés qui frappent les jeunes de quartier populaires". "Nous serions donc face à des jeunes délinquants pas complètement victimes, voire même responsables du drame qui aurait pu leur coûter la vie" ironise-t-il avant de dénoncer, "c’est du rôle de la Justice de dire qu'il y a délit dès qu'il y a des insultes racistes !". Pour SOS Racisme, la justice minimise la dimension raciste de l'agression.

Un sentiment d'abandon

Les habitants du quartier Saint-Jacques en sont également convaincus, cette fusillade n'a rien à voir avec un règlement de compte. "On devrait écouter les victimes" dit Hanas qui "trouve inadmissible qu'il existe encore des actes tragiques et barbares comme celui-là aujourd'hui". Nadège, elle, assure n'avoir "jamais vu de règlement de compte de ce genre dans le quartier". Pour elle, qui est sortie de son immeuble pour secourir les blessés le soir de l'attaque, "c'est sûr" le racisme est derrière tout cela. 

SOS Racisme relaie d'ailleurs sur les réseaux sociaux son appel à un rassemblement ce 10 août. Les habitants en profiteront sûrement pour réitérer leur demande d'enfin mettre en place une cellule d'aide psychologique. Ils espèrent également une plus grande présence policière dans leur quartier.

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