C’est donc cela les Jeux Olympiques version Pékin. Une image. La seule d’ailleurs que je conserve de cet après-midi folle. En pleine préparation du journal de 18H, je jette un œil sur l’écran de télévision installé à mes côtés. David Douillet tient la flamme visiblement heureux. À ses côtés, il y a Teddy Riner son probable successeur sur les tatamis. Ils sont entourés des gardiens de la flamme. À eux deux ils pèsent sans doute plus de 200 kilos de muscle. Personne n’aurait l’idée d’aller les chatouiller et de leur prendre la flamme olympique. Leur flamme olympique. En un instant pourtant, ces chinois en survêtement du dimanche après midi (dont on apprendra plus tard qu’ils sont des policiers d’élite ) éteignent la torche, l’enlèvent des mains de Douillet et désertent les lieux. Douillet et Riner se regardent incrédules. Fermez le banc. Les champions sont dépossédés de leur bien par ces gardes-chiourmes en lunettes noires, version « mens in black » pékinoise. Une situation grotesque et indigne. Cette dépossession en directe prouve par l’absurde que les jeux olympiques n’appartiennent définitivement plus aux sportifs. Cela, on le savait depuis longtemps. Le pays organisateur est désormais propriétaire des jeux avec les commanditaires qui les financent. Pour autant, faut-il boycotter ces JO comme le souhaite Ségolène Royal ? Voilà sans doute l’idée l’idée la plus stupide qui circule actuellement. Non seulement il ne faut pas boycotter, mais il faut au contraire inonder la Chine de demande de visas pour se rendre aux JO. Il faut investir le pays et provoquer des débats avec les chinois eux-mêmes qui ne demandent sans doute que cela. Sur le sujet, je reste très politiquement incorrect. Non seulement j’approuve la décision du CIO d’avoir donné les jeux aux chinois en 2001, mais en plus j’estime que ce n’était pas nécessairement au Comité Olympique de se préoccuper de la question des droits de l’homme. Il est là pour ouvrir les portes.Une fois le pied placé pour empêcher qu’elles se referment, ce sont nos hommes politiques qui devaient s’emparer du sujet et pourquoi pas aussi nos hommes d’affaires qui ont signé sur place des contrats pour ces jeux. Beaucoup de gens se moquent de nos sportifs qui souhaitent afficher sur leur poitrine un badge « Pour un monde meilleur ». Imaginons qu’à l’image de John Carlos et Tommie Smith en 1968 à Mexico, un athlète français fasse de même sur un podium olympique en levant, non pas un poing ganté de noir, mais tout simplement son badge. La aussi, je suis désolé pour vous messieurs les moqueurs, mais cela aurait une autre « gueule » et sans doute beaucoup plus d’impact qu’un pseudo boycott de la cérémonie d’ouverture de quelques chefs d’Etat qui ont déserté depuis bien longtemps le terrain de la lutte en faveur des droits de l’homme

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