Comment manger responsable sans gaspiller ? Comment faire rimer alimentation anti-gaspi et plaisir ? Comment faire trois repas par jour sans ruiner son budget ni la planète ?

Comment manger éco-responsable ?
Comment manger éco-responsable ? © Getty / Trinette Reed

Savez-vous, par exemple, que l'on pouvait cuisiner des trognons de pommes ? Ali Rebeihi dans l'émission Grand bien vous fasse accompagné de Naïri Nahapetian journaliste, de Jacques-Pascal Cusin, nutritionniste, de Sonia Ezgulian auteure d'un livre anti-gaspi de Jean Imbert, chef, a fait le tour de l’alimentation éco-responsable et proposer quelques solutions.

Pourquoi faut-il arrêter de jeter ?

Le gaspillage a pris une ampleur incroyable - et ne concerne pas que les bobos :

1/3 des aliments produits dans le monde ne sont jamais consommés ! Et 30 % de la production alimentaire mondiale est jetée : soit en champs, l’équivalent du Mexique et en eau du lac Léman par an !

• En France, le gaspillage alimentaire représente 10 000 000 de tonnes par an et l’équivalent de 18 milliards de repas jetés à la poubelle !

• Le gaspillage existe dès la production (surpêche…), dans la grande distribution, dans les restaurants ou les cantines, mais c’est à la maison, où nous prenons le plus de repas, que nous gaspillons le plus : environ deux millions de tonnes par an, soit entre 20 et 30 kg par personnes. Soit plus de 10 milliards d’euros (159€ par personne par an) !

Comment arrêter de gaspiller ?

En deux mots : achetez moins, mieux, et cuisinez...

On fait mieux ses courses :

  • On commence par acheter chez son petit producteur local.
  • On mange de saison. Un exemple ? Manger des pommes toute l’année n’est vraiment pas responsable : elles sont stockées dans des chambres froides pendant des mois. A l'automne, on peut manger des pommes, des poires, des champignons... Et si on est citadin qu'on ne sait plus quels sont les fruits et légumes de saisons, on peut aller faire un tour au Marché bio où les fruits et les légumes sont forcément du moment. Sinon il existe des calendriers à garder dans son panier. Ça nous apprend la patience : si vous ne mangez pas des tomates fin mai, mais que vous attendez juin, début juillet, vous aurez des tomates de meilleure qualité.
  • En achetant bio : on prend soin de sa santé et on encourage un type d'agriculture qui permet d'éviter du gaspillage tout au long de la chaîne. Aujourd'hui on sait que l'agriculture intensive entraîne un gaspillage de terre énorme. Surtout, le bio va encore évoluer, et demain on trouvera mieux (la permaculture qui prend en compte la terre, et son écosytème, la biodynamie…). En terme de prix, si on mange plus de légumes, et moins de viande, on peut manger bio.
  • On achète moins : l’idée est d’avoir très peu dans son frigo. On achète pour faire un repas, on consomme, et c’est tout. Il vaut mieux travailler à flux tendu. On risque moins d'oublier un légume dans son frigo que l'on va finir par jeter. Acheter une masse de denrées pour les stocker dans son frigo est une erreur. Mais évidemment : on adapte quand on habite loin des commerces… Il vaut mieux ne faire qu’un aller-retour par semaine.
  • Souvent on jette des aliments par peur des dates de péremption. Or par précaution, elles sont souvent très en amont de ce qui est possible : un yaourt peut être consommé au moins trois semaines après sa date limite de consommation.

On se (re)met à la cuisine

Quand on passe deux heures à préparer un plat, on a moins envie de gaspiller, de jeter que si on achetait des lasagnes toutes faites.

"Manger éco-responsable, ça s'apprend…", le témoignage d'une auditrice lyonnaise :

"Au début, c’est comme un jeu qui peut devenir un mode de vie. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas triste, c’est même très rock n'roll : on donne libre court à sa créativité, on invente, on innove… J’ai commencé par acheter local chez des petits producteurs bio, parce qu’avant de cuisiner les fanes, il faut des produits avec le moins de pesticide possible… Je cuisine par exemple des feuilles de navets. Au printemps : comme elles sont légères, fraîches, croquantes, je les mange en salade ou juste jetées dans une poêle comme des épinards que l'on va accommoder. 

Et en hiver, comme elles sont plus épaisses, je les blanchis pour ensuite les cuisiner et les accommoder. J’en fais des samoussas avec des épices indiennes, j’en mets dans des risottos, ou dans des pâtes. Les fanes de betteraves s'associent très bien avec du porc : j'en fais des boulettes très moelleuses. Ensuite, on peut confire les tiges pour en faire un dessert. Et sur le marché, je demande directement à avoir des fanes ou des queues de légumes : beaucoup d'acheteurs réclament qu'on les enlève, moi je les récupère…"

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