Gérard de Villiers
Gérard de Villiers © Maxppp / Sophie Louvet

Écrivain, journaliste et éditeur, Gérard de Villiers est mort à l'âge de 83 ans. Il était le père de la série littéraire d'espionnage SAS (pour son Son Altesse Sérénissime) alias Malko Linge. En 200 volumes, elle raconte le parcours d'un aristocrate désargenté, agent de la CIA. Auteur prolifique, il rédigeait en moyenne 4 romans par an, chacun tirés à 200 000 exemplaires environ.

Son décès a été annoncé par son avocat sur Twitter :

Qui était Gérard de Villiers ?

Son portrait avec Ilana Moryoussef

Né en 1929, il a d'abord débuté une carrière de journaliste : il travaille pour l'hebdomadaired'extrême droite Rivarol, puis Paris-Presse et France-Dimanche avant de créer en 1965 le personnage de Malko Linge, qui fait ses premiers pas dans "SAS à Istanbul". Avec ce héros, il s'inscrit dans le sillage des pionniers du roman d'espionnage comme Jean Bruce, le père d'"OSS 117", et surtout du Britannique Ian Fleming avec la saga James Bond.

Sa recette est de coller à l'actualité, chaque roman étant soigneusement préparé par des enquêtes sur le terrain et la mise à contribution de sources du monde de l'espionnage. Et l'intrigue mêle scènes de violence et de sexe qui contribueront pour beaucoup au succès de la série, dont chaque volume est tiré à plus de 200 000 exemplaires.

Laurent Boussié est rédacteur en chef à France 2. Il a accompagné Gérard De Villiers dans certains de ses voyages :

En Afrique, c'était le grand sorcier blanc [...] Au Liban, on a rencontré le patron du renseignement chiite, du Hezbollah et la patron sunnite de la sécurité intérieure.

En phase avec son époque, ses livres tapaient juste : il a entre autres écrit des épisodes prédisant l’assassinat du premier ministre libanais, les prodromes de la guerre civile en Syrie ou l’intervention française au Mali ainsi que les conséquences désastreuses de la chute de Kadhafi.

L'ex-préfet Michel Roussin, qui fut directeur de cabinet du patron du SDECE, l'ancêtre de la DGSE, Alexandre de Marenches a déclaré récemment au Monde que les services français utilisaient parfois SAS "pour faire de la désinformation". L'ancien patron de la DST (contre-espionnage) Yves Bonnet a estimé que ses romans comportaient des analyses de situations de pays "remarquables". "Elles étaient précises, elles étaient bien conduites et elles fourmillaient de détails intéressants", a-t-il dit sur i-Télé :

Si on reprend tous ses romans, je crois qu'on arrive à avoir une bonne approche de beaucoup de problèmes de sécurité."

En février dernier, il a fait l'objet d'un portrait dans le New York Times, véritable éloge de l'un des hommes les mieux renseignés de la planète. Une reconnaissance pour celui qui, malgré le succés de ses livres, n'a jamais eu les honneurs de la critique.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.