Le Premier ministre Edouard Philippe et Olivier Véran, ministre de la Santé, ont détaillé les grands principes qui rythmeront la vie après le 11 mai, avec le déconfinement. "La priorité c'est la santé" a dit le Premier ministre.

Heure de pointe dans le métro parisien
Heure de pointe dans le métro parisien © Getty / Bim

Les Français ne retrouveront "pas tout de suite et probablement pas avant longtemps" leur "vie d'avant" la crise du coronavirus, a averti dimanche Edouard Philippe en présentant "les grandes règles" qui devraient conduire au dé-confinement à partir du 11 mai. 

En l'absence de vaccin avant 2021, en l'absence de traitement connu et efficace, "cela nous laisse un instrument" a dit le Premier ministre, c'est "la prévention, elle sera déterminante". 

Sortir du confinement devra donc s'accompagner de trois grands principes détaillés par Edouard Philippe et Olivier Véran. 

Les gestes barrières : "ils sont essentiels" a dit Edouard Philippe, car "ne pas les respecter, les prendre avec décontraction, c’est littéralement nous exposer à une reprise de l’épidémie" 

Les tests : Les tests seront mis en place pour pouvoir vivre avec le virus. "Pour recommencer à vivre normalement, il faudra tester vite et massivement. Tester tous ceux qui présentent des symptômes ou qui auraient été en contact" a dit Edouard Philippe. 

L'objectif du gouvernement est de pouvoir réaliser à partir du déconfinement 500.000 tests par semaine pour les personnes présentant des symptômes et celles ayant été en contact avec un malade du Covid-19, a indiqué le ministre de la Santé.

Après le 11 mai, "si vous êtes porteur de symptômes (...) et que vous voulez savoir si vous êtes malade, ou si vous avez été en contact rapproché d'une personne dont on sait qu'elle est malade, vous pouvez, vous devrez bénéficier de ce test virologique", a assuré Oliver Véran.

L’isolement à l’hôtel des porteurs du virus : "Dès que des symptômes apparaissent, si on est testé positif, on aura le choix entre un confinement à domicile, qui fait peser des obligations strictes de ne pas sortir, pour vous et votre famille," a détaillé le Premier ministre, "soit vous déciderez de vous confiner dans un hôtel mis à votre disposition et dans ce cas-là vous passerez une durée déterminée dans ce lieu, et après examen médical vous pourrez reprendre une vie normale".

Organisation stricte et télétravail pour les entreprises

Dans quelle mesure l'activité économique pourra-t-elle reprendre ? Les entreprises devront s'assurer du respect de la distanciation sociale. Edouard Philippe a évoqué le cas des transports communs, qui ne fonctionnent qu'à 10% de leurs capacités actuellement. "Il faudra monter dans des trains, des bus, où la densité sera plus grande aujourd'hui. Nous étudions les gestes barrières qu'il faudra respecter, et _probablement que le port du masque sera obligatoire pour les utiliser_" a-t-il indiqué.

Certains commerces pourront rouvrir progressivement, avec des règles strictes pour les files d'attente, la distanciation sociales, et la mise à disposition de gel hydroalcoolique. Aucune échéance n'est donnée pour les bars, cafés et restaurants.

Enfin, il indique que le respect des règles passera par "le maintien du télétravail" quand c'est possible. "Quand ce n'est pas possible, les règles d'organisation de l'entreprise doivent être adaptées"

"Les écoles n'ouvriront pas partout le 11 mai comme avant"

Dans quelles conditions les écoles pourront-elles rouvrir à partir du 11 mai, comme annoncé par le président Emmanuel Macron ? "Les écoles c'est une question sensible" a reconnu le Premier ministre. "À l'évidence la bonne méthode sera progressive, mais nous devons commencer, pour assurer la continuité de la vie de la nation"

De nombreux scénarios sont à l'étude. "Les écoles n'ouvriront pas partout le 11 mai comme avant. 

La période de confinement a eu pour conséquence le décrochage de certains élèves. Entre 5 à 10% des élèves en moyenne, selon les professeurs, auraient décroché. "Cette situation présente un grave danger" estime le Premier ministre. Il faut donc assurer l'ouverture des écoles mais empêcher le virus de circuler. "Nous travaillons sur les scénarios pour rouvrir les écoles".

Dans les territoires peu touchés par le virus, l'ouverture pourrait avoir lieu avant. Des hypothèses envisagent de réunir des moitiés de classes, en alternance, avec des moments de rencontres avec les professeurs. "Nous devons travailler sur toutes les hypothèses", avec les maires, les professeurs, a expliqué Edouard Philippe.  

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