Les manifestations de "gilets jaunes" rassemblaient environ 50.000 personnes samedi dans toute la France, selon la police. La situation est tendue notamment à Paris où l'on constate des actions violentes envers les forces de l'ordre et 20 interpellations.

Barricade en feu à Paris
Barricade en feu à Paris © AFP / Zakaria ABDELKAFI

Plusieurs milliers de gilets jaunes défilaient samedi à travers la France pour "l'acte VIII" de leur mobilisation, émaillé de heurts avec les forces de l'ordre à Paris et dans certaines villes de province.  

A Paris, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a été évacué samedi de son bureau après l'intrusion de manifestants violents dans la cour de son secrétariat d'Etat situé rue de Grenelle, non loin de l'Assemblée nationale.  Selon le récit de son entourage, confirmant des informations du Parisien, une quinzaine de personnes, certaines vêtues de noirs, d'autres avec un gilet jaune, ont fait irruption dans la cour du bâtiment après avoir défoncé la grille à l'aide d'un engin de chantier.

Alors que la manifestation qui avait été déclarée à la préfecture devait aller jusqu'à l'Assemblée nationale, plusieurs dizaines de gilets jaunes ont dévié du parcours en scandant "Macron démission", "Paris, debout soulève-toi!", ou en entonnant la Marseillaise.  

A Paris jets de pierre contre les forces de l'ordre
A Paris jets de pierre contre les forces de l'ordre © AFP / Zakaria ABDELKAFI

La mobilisation dans les rues de Paris selon la police était de 3500 manifestants. 

Plusieurs barricades de fortune ont été érigées le long du très chic boulevard Saint-Germain. Au moins une voiture, plusieurs scooters et des poubelles ont été incendiés, dégageant d'épaisses volutes de fumées noires.  Face aux manifestants, les CRS ont mené plusieurs charges et lancé des gaz lacrymogènes.   Arrivés au boulevard Saint-Michel, de nombreux manifestants retiraient leurs gilets jaunes pour se fondre dans la foule et plusieurs d'entre eux remontaient la rue de Rivoli en direction de la place de la Concorde.

Des jets de projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de lacrymogènes sur les quais de Seine, près de l'Hôtel de Ville.  Des incidents ont ensuite éclaté sur la passerelle Leopold-Sédar-Senghor qui relie les deux rives de la Seine au niveau du Jardin des Tuileries. Un gendarme a été blessé et évacué par les sapeurs-pompiers, selon la gendarmerie.  Un feu s'est également déclaré dans une péniche-restaurant amarrée près du musée d'Orsay. 

20 personnes ont été interpellées ce samedi à Paris en marge de la manifestation parisienne. 

Face à la multiplication des incidents en fin d'après-midi, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a appelé sur Twitter "chacun à la responsabilité et au respect du droit". 

Des "Gilets jaunes" réunis samedi à Marseille dans les locaux du journal La Provence ont décidé de s'organiser en coordination pour recueillir et traiter les revendications des manifestants qui expriment leur colère depuis la mi-novembre.  A l'issue d'une réunion d'une centaine de contestataires venus de toute la France, les participants ont choisi de créer une entité baptisée "Coordination Gilets jaunes-Le mouvement".

Quelques tensions dans le reste de la France

Des échauffourées ont éclaté entre forces de l'ordre et "gilets jaunes" samedi dans plusieurs villes de l'Ouest dont Rouen, Caen et Nantes, tandis qu'à Rennes, un groupe de manifestants a cassé une porte d'accès à la mairie.  A Rouen, où 2.000 "gilets jaunes", selon la police, ont défilé dès le milieu de la matinée dans les rues du centre-ville, des tensions ont éclaté vers midi. Des jets de pavés ont entraîné la réplique des forces de l'ordre qui ont tiré des grenades lacrymogènes ainsi que des balles de lanceurs de balles de défense (LBD), atteignant un manifestant à l'arrière de la tête.

Quatre CRS ont été légèrement blessés à la suite de jets de pierres et de bouteilles de "gilets jaunes", samedi après-midi à Montpellier, dans le secteur de la gare Saint-Roch, selon la Direction départementale de la sécurité publique.  Selon la préfecture de l'Hérault, trois manifestants ont été interpellés.

Plus d'un millier de gilets jaunes ont manifesté à Lille avec quelques heurts, et 42 personnes ont été interpellées selon la préfecture.

A Bordeaux, ils étaient environ 4.600 à manifester dans le calme, retrouvant leur niveau de mobilisation d'avant les fêtes de fin d'année et consacrant la capitale de Nouvelle-Aquitaine comme l'un des bastions du mouvement.  A Lyon, plusieurs milliers de "gilets jaunes" ont bloqué dans les deux sens l'autoroute A7 qui traverse la ville, créant des bouchons en amont des voies coupées à la circulation en ce jour de retour de vacances.   A Besançon, plus d'un millier de manifestants parcouraient le centre ville vers le parc des Glacis, lieu symbolique de la Résistance, pour un hommage aux 10 morts et à la centaine de blessés depuis le début du mouvement le 17 novembre, tandis qu'ils étaient entre 400 et 700 à manifester à Colmar.

> Tour de France des manifestations avec France Bleu

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