Ce samedi, pour leur acte 44 de mobilisation, les "gilets jaunes" appellent à une manifestation nationale à Nantes. Les manifestants ont choisi cette ville comme "point de rassemblement et de grogne" après la mort de Steve Canico en juin dernier, et au lendemain de l'annonce de la mutation du commissaire de police.

Une partie des "gilets jaunes" reste mobilisée, 44 semaines après le début de la contestation
Une partie des "gilets jaunes" reste mobilisée, 44 semaines après le début de la contestation © Radio France / Xavier Grumeau

Un acte 44 dans le chef-lieu du département 44 : ce samedi, c'est à Nantes que les "gilets jaunes" encore mobilisés ont appelé à une manifestation nationale. La ville a été désignée comme "point de rassemblement et de grogne" pour une mobilisation dès midi. 

Des heurts ont éclaté entre les manifestants et les forces de l'ordre : les policiers ont répliqué à des jets de projectiles par des grenades de gaz lacrymogène. France Bleu Loire Océan rapporte par ailleurs que la police a découvert 22 bouteilles de vin semblant accueillir des cocktails Molotov dans une poubelle de la ville, samedi en fin de matinée. Et quelque 19 personnes avaient été interpellées pour port d'objet pouvant servir d'arme par destination. Selon les constatations de l'Agence France-Presse, il y avait environ 400 manifestants en début d'après-midi samedi. 

Les affaires De Rugy et Steve Canico invoquées

Pour leur rentrée, les "gilets jaunes" reprennent les événements qui ont fait l'actualité cet été : d'une part, la Loire-Atlantique est le département pour lequel François de Rugy siège à nouveau en tant que député depuis sa démission du gouvernement en juillet dernier suite à des révélations sur des dîners privés organisés avec des fonds publics. Ainsi, à Nantes, les affiches appelant à la mobilisation arborent un homard rouge, référence à l'une des photos des dîners reprochés à l'ancien ministre.

D'autre part, c'est à Nantes que le jeune Steve Maria Canico est mort dans la nuit du 21 au 22 juin dernier lors d'une intervention de la police à une fête organisée en bord de Loire. Sa disparition dans le fleuve - le corps n'a été retrouvé qu'un mois plus tard - a été érigée en symbole des violences policières. Le 3 août dernier, une manifestation à Nantes avait réuni au moins 1 700 personnes et débouché sur 42 interpellations. 

Le collectif "Justice pour Steve" rejoint la mobilisation

La mobilisation intervient alors que vendredi, le commissaire de police en charge du maintien de l'ordre le 21 juin dernier a été sanctionné par une mutation vers un poste sans responsabilité de maintien de l'ordre. Même si cela ne signifie pas, selon Christophe Castaner, qu'un lien a été établi entre la mort de Steve Canico et l'intervention de police, la sanction fait suite aux conclusions du rapport de l'Inspection générale de l'administration qui note un "manque de discernement" de la part du responsable des opérations. 

Cette manifestation de ce samedi va donc réunir à la fois des "gilets jaunes" mobilisés depuis le début de la contestation mais aussi des personnes issues du mouvement "Où est Steve ?" : le collectif "Justice pour Steve" a en effet appelé dans un communiqué à se joindre à la manifestation "face à la violence et au cynisme de l'État (...) pour dire non à une police qui ressemble de plus en plus souvent à une milice d'extrême-droite".

Jeudi lors d'une conférence de presse, le directeur départemental de la sécurité publique de Loire-Atlantique, Benoît Desferet, a déclaré s'attendre "à une manifestation violente avec la commission d'exactions et de dégradations" et a indiqué la présence d'un "dispositif d'envergure". 

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