Le mouvement actuel des lycéens, qui dure depuis près de quinze jours, est inédit par sa trajectoire : parti des zones rurale, périurbaine et des quartiers populaires, il s'est ensuite étendu aux établissements de centre-ville. C'est d'ordinaire l'inverse qui est observé.

La crainte des lycéens à l'origine du mouvement est que les lycées des zones périphériques soient délaissés
La crainte des lycéens à l'origine du mouvement est que les lycées des zones périphériques soient délaissés © Maxppp / Nathalie Saint-Affre

Le mouvement contre les projets de réforme du ministère de l'Éducation nationale se poursuit ce vendredi à l'appel des principaux syndicats lycéens. Les élèves dénoncent notamment la réforme du lycée et du bac : leur crainte est que tous les établissements ne puissent pas proposer les spécialités de leur choix. Ils s'inquiètent aussi de la réforme du système d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup, mis en place l'an dernier. La spécificité de ce mouvement est qu'il est parti principalement des zones rurales et périurbaines, comme celui des gilets jaunes. 

En effet, ce sont les élèves de milieu rural ou de villes moyennes qui se sentent les plus exclus de ces réformes. Avec la réforme du bac, le lycée de Salins les Bains (Jura) par exemple risquait tout simplement de disparaître. Judith et ses camarades en terminale, se sont mobilisés, car ils ont l'impression d'être les grands oubliés du gouvernement : "La réforme est faite pour les zones urbaines, pas rurales. Là si on a de petites options, les élèves ne voudront pas forcément les suivre, on va se retrouver avec des filières à cinq élèves, les petits lycées vont forcément fermer".

Un mouvement qui part des zones populaires, périurbaines ou rurales

Les professeurs ont eux aussi manifesté, comme Yannick Favory : "On nous explique que les options et les spécialités que nous n'avons pas sont ouvertes dans l'établissement d'à côté. Sauf que dans une région comme la nôtre, l'établissement d'à côté est à 30 ou 45 minutes, sans transports en commun. Cela rejoint les problématiques actuelles qui ont été évoquées en France sur les zones rurales".

Le mouvement actuel des gilets jaunes présente beaucoup de similitudes avec celui des lycéens, inédit car il est mené par ceux qui n'ont pas l'habitude de se faire entendre. Ludivine Bantigny est historienne des mouvements de jeunesse : "Ce qui est tout à fait frappant, c'est que le mouvement part surtout de lycées situés en zone périurbaine, rurale, ou encore de quartiers populaires, et s'étend vers les lycées de centre-ville. C'est le mouvement inverse de ce à quoi on assiste habituellement".

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