"Le 24 novembre, c'est Paris bloqué" : le message, partagé sur les réseaux sociaux, vient de l'un des organisateurs des "gilets jaunes". De nombreux manifestants appellent à converger samedi vers la capitale et en région, en même temps qu'est prévue la marche #NousToutes contre les violences faites aux femmes.

"Gilets jaunes", le 17 novembre dernier
"Gilets jaunes", le 17 novembre dernier © Maxppp / Roland Macri

"Vous devez tous, à pied, à cheval et en voiture parcourir la totalité des rues de Paris [...] En voiture, roulez à 10 km/h pour protéger les piétons." Dans une vidéo diffusée sur Facebook, Franck Buhler, l'un des initiateurs du mouvement, donne ses directives aux "gilets jaunes". Le 24 novembre, une semaine après le début de la manifestation, les Français en colère sont incités à converger vers Paris pour "bloquer" la ville et signifier leur ras-le-bol. Où seront-ils ? C'est assez flou. 

À Paris, les "gilets jaunes" autorisés à manifester au Champ-de-Mars

Après avoir refusé une première demande de rassemblement place de la Concorde, le ministère de l'Intérieur a précisé jeudi dans un communiqué que les manifestants pourraient opter pour l'esplanade du Champ-de-Mars, "ce lieu offrant les conditions de sécurité nécessaires".

Les "gilets jaunes" seront autorisés à venir sur le Champ-de-Mars, mais pas place de la Concorde, comme ils le souhaitaient
Les "gilets jaunes" seront autorisés à venir sur le Champ-de-Mars, mais pas place de la Concorde, comme ils le souhaitaient © Visactu

Mais sur la page Facebook "Acte 2 Toute La France A Paris !!!!", nombre d'internautes appellent à éviter le Champ-de-Mars. 

RESTEZ RIVE DROITE SAMEDI
NE VOUS FAITES PAS AVOIR !
N'ALLEZ PAS AU CHAMP DE MARS ! C'EST UN PIEGE !
FAITES PASSER LE MOT - Michel

"Le champs de mars est sur la rive gauche. L’Élysée est sur la rive droite. Les ponts sur la Seine sont bloqués par les CRS lors de manifestation. C’est ça leur astuce", juge Éric. "Ils vont vous encercler", prédit Nadine. D'ailleurs, jeudi soir, une seule personne avait déposé une demande officielle de manifestation au Champ-de-Mars.

Plusieurs participants appellent à rester place de la Concorde. D'autres, comme Franck Buhler, veulent que la manifestation s'étende dans tout Paris. Autre lieu de rendez-vous : les sièges des médias. Une "lettre ouverte aux journalistes" parue mercredi 21 novembre, appelle à se rassembler samedi après-midi devant la Maison de la Radio (où se trouve France Inter) et devant le siège de France Télévisions dimanche. 

Côté sécurité, une quarantaine de compagnies de CRS (environ 2 500 hommes) seront dépêchées à Paris pour l'événement, en plus des effectifs de la préfecture de police de Paris. Le ministère de l'Intérieur a également précisé que "la réponse judiciaire sera intraitable en cas de troubles". Dans une note interne des renseignements. 

Enfin, Le Parisien a publié jeudi une note interne des services de renseignements intérieurs. Ces derniers s'inquiètent de la possible mobilisation de groupuscules d'extrême-gauche et d'extrême-droite (quelques centaines de militants). Ils prévoient 30 000 "gilets jaunes" à Paris.

Les trajets s'organisent, certains blocages persisteront en région

En région, les "gilets jaunes" s'organisent, sur Facebook notamment, pour rejoindre Paris. Des groupes de covoiturage se créent et rassemblent parfois plusieurs dizaines de personnes : en Alsace, dans l'Hérault, à La Rochelle, dans la Manche, le Morbihan, ou encore en Champagne-Ardennes. 

Autre option possible : le train. "Un TGV part à 7h24 de Montpellier Saint-Roch", indique un message sur la page Facebook des "gilets jaunes" de l'Hérault, qui conseille également de ne mettre son gilet jaune qu'à la dernière minute. 

Enfin, certains "gilets jaunes" prévoient de continuer les blocages en région, en raison du coût élevé du transport à Paris et de la volonté de poursuivre des actions locales. C'est le cas à Nantes (notamment au péage du Brignon), dans les Côtes-d'Armor, ou encore le Jura. Le meneur de Dole Fabrice Schlegel s'est justifié à l'AFP : "D'abord, tout le monde n'a pas 150 euros à mettre pour faire le déplacement et puis on s'inquiète de la violence qu'il peut y avoir". Il se souvient du 1er-Mai à Paris : "Les "black-blocks" étaient de sortie et il y a eu beaucoup de casse. Je ne veux pas participer à quelque chose comme ça". Globalement, sur Facebook, les "gilets jaunes" appellent à une action pacifiste.

Le mouvement #NousToutes prévu le même jour 

Hasard du calendrier, un autre rassemblement est prévu à Paris et en région ce 24 novembre : la marche contre les violences faites aux femmes, intitulé #NousToutes. Ici, pas de jaune, mais du violet, couleur officielle du rassemblement. Les organisatrices et organisateurs appellent à revêtir un accessoire de cette teinte : "Écharpes, gants, bonnets, pancartes." 

À Paris, la page Facebook de l'événement "Le 24/11, je marche pour dire stop aux violences sexistes et sexuelles" avait, jeudi, plus de 9 000 participants et 41 000 intéressés. Initialement prévu à Madeleine, le rendez-vous est finalement donné à Opéra à 14 heures, avant de marcher vers Strasbourg-Saint-Denis et de terminer place de la République. Concernant le téléscopage avec les "gilets jaunes", la page du mouvement veut rassurer : "Aucune inquiétude ! La manifestation #NousToutes est autorisée par la Préfecture et sera sécurisée." 

D'autres mouvements #NousToutes sont aussi prévus dans d'autres villes de France : Montpellier (500 participants), Nantes (400 participants), Avignon (200 participants), ou encore à Niort, Orléans, La Rochelle, Besançon.

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