69 000 "gilets jaunes" ont suivi une nouvelle journée de manifestations à Paris et en province, avec une ténacité affichée dix jours après l'ouverture du grand débat national. L'une des figures du mouvement, Jérôme Rodrigues a été blessée à l’œil alors qu’il filmait les forces de l'ordre.

Manifestation de "gilets jaunes" sur les Champs(Elysées le 26 janvier 2018
Manifestation de "gilets jaunes" sur les Champs(Elysées le 26 janvier 2018 © Radio France / Yann Gallic

La semaine dernière, la mobilisation avait réuni 84 000 manifestants en France. Ce week-end encore, les "gilets jaunes" défilent dans de nombreuses villes de France. A 14H00, ils étaient 22.000 à manifester en France, dont 2.500 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. La semaine dernière, à la même heure, ils étaient 27.000, dont 7.000 à Paris, selon Beauvau. 

La mobilisation a démarré dès le milieu de matinée.                    

À Paris, la préfecture a compté 4 000 manifestants. Des échauffourées ont éclaté, vers 16h, place de la Bastille. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et d'un canon à eau pour repousser des manifestants qui leur jetaient des projectiles et s'appropriaient du matériel de chantier dans la rue Saint-Antoine, à proximité de la place de la Bastille. Plusieurs manifestants ont été interpellés.       

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Acte XI des "gilets jaunes" à Paris

Par Yann Gallic

Les manifestants partis de l'arc de Triomphe sont passés par le quartier des ministères, où s'est tenu un débat impromptu, en pleine rue, entre la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, et Etienne Chouard, promoteur du "réferendeum d'initiative citoyenne" que réclament de nombreux "Gilets jaunes".

La préfecture de police de Paris a saisi l’IGPN, la police des polices, samedi soir, après qu’un "gilet jaune" a été blessé place de la Bastille à Paris, en marge de la 11e journée de mobilisation des "gilets jaunes". 

L’IGPN a été saisi par le préfet en accord "avec le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et le secrétaire d’Etat Laurent Nuñez afin que soient établies les circonstances dans lesquelles cette blessure est intervenue.                     

Le blessé est Jérôme Rodrigues un des organisateurs d'une des quatre manifestations autorisées, ce samedi à Paris. a été blessé alors qu'il se trouvait face à des forces de l'ordre, et au moment même où il était en train de filmer en direct sur son compte Facebook l'arrivée du cortège des manifestants "gilets jaunes" sur la place.

L'assemblée des assemblées dans la Meuse

Les élections européennes, le grand débat national, la poursuite du mouvement, les revendications : des collectifs de "gilets jaunes" venus de toute la France se retrouvent samedi et dimanche à Sorcy-Saint-Martin, près de Commercy (Meuse), pour une "Assemblée des assemblées".  

"Se rencontrer, échanger, débattre", tels sont les objectifs de ce week-end appelé week-end de coordination nationale démocratique.

Soixante-quinze groupes venus de toute la France, soit "250 à 300 personnes", sont attendus dans la salle des fêtes du village.  L'après-midi sera consacrée à débattre sur les sujets qui traversent les "gilets jaunes": les revendications, la poursuite du mouvement, sa structuration, la participation ou non au grand débat national et aux élections européennes.   

Hauts-de-France

Environ 1.500 personnes - selon la préfecture - ont manifesté dans le centre-ville de Lille samedi, et elles ont rejoint en fin de parcours un cortège d'un millier de personnes en marche pour le climat.  "Justice climatique, justice sociale", ont scandé les manifestants, "gilets jaunes" et militants écologistes mêlés au sein d'un même cortège fusionné, arrivant place de la République.  La manifestation des "gilets jaunes" - où étaient présents en fin de cortège des enseignants "stylos rouges", le collectif des sans-papiers du Nord et la CGT - et celle organisée par le collectif "ensemble pour le climat" ont emprunté dans le calme des rues différentes, avant de faire les dernières centaines de mètres ensemble.

Bourgogne et Centre-est

La mobilisation restait forte samedi à Dijon où 2.500 "gilets jaunes" ont défilé avant que des heurts n'éclatent en fin d'après-midi, selon la préfecture.

Des manifestants ont tiré des "mortiers" et feux d'aritifices en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des gaz lacymogènes aux abords des Halles, dans l'hyper-centre de la ville, non loin de la préfecture.

La mobilisation ne faiblissait pas, se maintenant comme samedi dernier à 2.500 personnes. Il s'agissait d'ailleurs de la plus importante manifestation du centre-est de la France. A Lyon, ils étaient environ 1.500 dans une ambiance très tendue. Les pompiers ont fait état de quatre blessés légers. A Valence, 700 personnes on défilé dans le calme, selon la préfecture, moitié moins que la semaine passée.

Normandie             

A Évreux, des incidents ont éclaté en marge d'un rassemblement qui a réuni plus de 800 personnes, selon la préfecture. Des dégradations ont été commises devant le siège de la Banque de France et les locaux de la police municipale ont été dégradés, selon les autorités, qui ont également déploré l'incendie de "deux véhicules" aux abords de la mairie.                 

A Rouen (Seine-Maritime), le cortège a rassemblé plus de 500 "gilets jaunes". Une poubelle a été incendiée dans le secteur de Boulingrin.                      

A Caen (Calvados), près d'un millier de personnes étaient dans les rues de la ville.          

Pays de la Loire

Au Mans (Sarthe), environ une cinquantaine de gilets jaunes se sont rassemblés dès le début de matinée devant l'hypermarché Carrefour sud. Une manifestation est prévue dans le centre-ville dans l'après-midi.                       

A Nantes, "il y a eu de nombreux jets de projectile et même un cocktail Molotov", a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique.

Les forces de l'ordre ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Il y a eu neuf interpellations. Selon un photographe de l'AFP présent sur place, les manifestants étaient environ 2.000.

Manifestation des "gilets jaunes" à Nantes le 26 janvier 2018
Manifestation des "gilets jaunes" à Nantes le 26 janvier 2018 © AFP / SEBASTIEN SALOM GOMIS

A Quimper, 1.200 personnes ont défilé  et ont scandé des slogans hostiles au président de la République. En fin d'après-midi, des bouteilles et fumigènes rouges ont été lancés derrière les grilles de la préfecture où des CRS étaient présents. Ces derniers ont répliqué avec des lances à eau et des grenades lacrymogènes. 

Nouvelle-Aquitaine

A Bordeaux, deux manifestations doivent avoir lieu. La première, dans l'après-midi a rassemblé 6000 manifestants . La seconde, comme dans de nombreuses villes, sera un défilé nocturne. 

La semaine dernière, la préfecture avait comptabilisé 4.000 manifestants. Ce samedi, les protestataires, au cris désormais habituels de "Macron démission", sont partis comme d'habitude de la place de la Bourse près de la Garonne.  Précédés d'une centaine de motards, ils défilaient derrière une immense banderole proclamant "En route pour un monde meilleur". Une autre proclamait "Macron Destitution. Parce que c'est notre rejet", alors que s'agitaient drapeaux tricolores et panneaux demandant le RIC (Référendum d'initiative citoyenne).

A Guéret dans la Creuse,  300 "gilets jaunes" ont manifesté. Une dizaine d'entre eux ont bloqué la RN145 dans les deux sens à hauteur de la ville.                      

À Pau (Pyrénées-Atlantiques), ils étaient environ 300 dans les rues.

En Provence et Côte d'Azur     

A Avignon, une partie des "gilets jaunes" de la région ont été rejoints par des manifestants venus des Bouches-du-Rhône, de la Drôme, du Gard, de l'Hérault et du Vaucluse. Les forces de l'ordre ont fait usage des gaz lacrymogènes.                       

A Nîmes, des dizaines de "gilets jaunes" ont formé une chaîne humaine autour des arènes de Nîmes.                       

A Nice  environ 200 "gilets jaunes" se sont pressés dans le centre de la ville.

Occitanie     

A Toulouse, plusieurs milliers de manifestants sont réunis dans le centre-ville. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par les forces de l'ordre.

Auvergne-Rhône-Alpes                    

A Valence dans  la Drôme, la marche pour le climat a rejoint celle des gilets jaunes. Environ 2000 manifestants devant la préfecture chantent "fin du monde, fin du mois même combat".

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