Pour le troisième week-end consécutif, les gilets jaunes s'apprêtent à manifester une nouvelle fois, notamment sur les Champs-Elysées à Paris où une sécurité renforcée sera mise en place. Ce vendredi, une rencontre est prévue à Matignon mais plusieurs porte-paroles du mouvement ont refusé de s'y rendre.

Manifestation des Gilets jaunes à Paris sur les Champs Elysées le 24 novembre 2018.
Manifestation des Gilets jaunes à Paris sur les Champs Elysées le 24 novembre 2018. © Radio France / Benjamin Illy

Troisième week-end, et troisième round, pour la fronde des "gilets jaunes" : alors que des blocages sont  maintenus en semaine un peu partout en France, c'est le samedi et le dimanche que les rangs des barrages et des manifestations sont grossis. Ce samedi, une nouvelle manifestation est prévue à Paris et en particulier sur les Champs-Elysées. 

Une "fan zone" sur les Champs-Elysées

Les services de renseignement intérieurs attendent une mobilisation sur la célèbre avenue équivalente à celle de samedi dernier, avec près de 10 000 manifestants. Pour éviter les activistes casseurs -  et du pillage au passage - le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé jeudi soir la mise en place d'un dispositif de filtrage total sur les Champs-Elysées.

Le ministère de l'Intérieur n'avait en réalité que peu d'options pour tenter d'empêcher la venue de casseurs sans interdire totalement la venue de plusieurs milliers de gilets jaunes à nouveau sur les Champs-Elysées, ni fermer totalement les accès de la principale artère de la capitale, où là ce sont les commerçants qui auraient pu présenter la facture d’une journée cruciale avant noël pour leur chiffre d’affaires.

Les commerçants réunis à la Préfecture

Le dispositif en question sera similaire à celui mis en place l'été dernier après la victoire de l’Équipe de France à la coupe du monde de football. Ce vendredi, les commerçants de l'avenue sont reçus à la Préfecture de police de Paris pour anticiper cette nouvelle journée d'actions. Plusieurs commerçants, notamment les gérants de cafés, ont reçu la recommandation de mettre à l'abri leur mobilier extérieur pour éviter de nouveaux dégâts. La brasserie l'Alsace, située sur les Champs, estime par exemple ses pertes de la semaine dernière à 100 000 euros. 

► ECOUTER | Le reportage de Sébastien Sabiron auprès des commerçants des Champs-Élysées

1 min

Reportage sur les Champs-Élysées avec les commerçants

Par Sébastien Sabiron

Ce seront donc des Champs-Elysées transformées en fan zone, avec des filtrages, des fouilles et des contrôles d’identité possibles pour pouvoir accéder. L’idée est aussi celle d’une souricière, où il sera impossible de repartir en toute impunité en courant si jamais ça dégénère à nouveau. Mais pour les forces de l’ordre, ça voudra dire beaucoup plus d’effectif que samedi dernier : plus de 2 000 agents, alors qu’il y aura plusieurs autres manifestations sensibles à sécuriser par ailleurs dont une de l’extrême-gauche et une autre contre les violences policières. 

Rencontres à Matignon

Mais avant cela, ce vendredi, une rencontre est prévue à 14h à Matignon avec les gilets jaunes. Mais pour l'heure, on ne sait pas qui seront les représentants du mouvement qui se rendront sur place. L'un des porte-paroles, Eric Drouet, a signifié sur Facebook son refus de se rendre à Matignon, car selon lui "aucune délégation n'a encore le rôle de représenter les gilets jaunes".

Jeudi, plusieurs députés ont reçu un courrier électronique envoyé par une adresse "Giletsjaunes1", contenant une large liste de revendications : un SMIC à 1 300 euros net, un plan d'isolation des logements, la retraite à 1 200 euros minimum, et, bien entendu, la fin de la hausse des taxes sur le carburant, le motif qui a lancé la contestation. Jeudi toujours, Edouard Philippe a discrètement reçu l'un des gilets jaunes, Pierrick de Perglas, parti à pied de Châlon-sur-Saône le 21 novembre pour venir porter ses revendications à Paris.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.