Une manifestante a été tuée samedi et plus de 400 personnes ont été blessés lors des rassemblements des "gilets jaunes" pour protester contre la hausse du prix du carburant. Le ministère de l'Intérieur a appelé au calme, alors que ces manifestations non autorisées sont très difficiles à sécuriser.

L'Intérieur a dénombré un millier de points de tension sur le territoire.
L'Intérieur a dénombré un millier de points de tension sur le territoire. © AFP / Frederick FLORIN

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé ce samedi matin la mort d'une manifestante en Savoie, fauchée par une automobiliste qui a paniqué. 

Au total, on dénombre 409 personnes blessées, dont 14 gravement.

Prise de panique lorsque des manifestants se sont mis à taper sur sa voiture, une mère de famille qui emmenait sa fille chez le médecin a forcé le blocage de Pont-de-Beauvoisin, en Savoie, percutant une femme âgée de 63 ans, qui a été tuée. La conductrice, en état de choc, a été placée en garde à vue.

Ce blocage pour protester contre la hausse des prix des carburants n'étaient, comme de nombreux autres, pas autorisé par la préfecture de police, ce qui a suscité l'inquiétude "maximum" de l'Intérieur. À l'issue d'une réunion par visioconférence avec tous les préfets, Christophe Castaner a demandé aux manifestants "de prendre toutes les dispositions de prévention et de sécurité" pour éviter d'autres incidents. "Le droit à manifester est essentiel dans ce pays, il faut le protéger, mais il faut aussi faire en sorte que l'organisation minimale de la manifestation évite ce genre de drame."

A Paris, la situation était tendue en fin d'après-midi dans le quartier du Palais de l'Elysée, où des forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants du mouvement des "gilets jaunes". Environ 1 200 personnes étaient regroupées dans ce secteur, selon le ministère de l'Intérieur.

288 000 manifestants

Dans la matinée, le ministère de l'Intérieur avait recensé "1 083 points de tension et 50 000 personnes sur ces points". Les manifestants bloquent des points d'accès mais aucun axe stratégique et sont repartis de façon très hétérogène d'un département à l'autre, selon les précisions du ministre. Un bilan revu à la hausse ce dimanche, avec 2 034 rassemblements dénombrés et 287 710 personnes mobilisées au plus fort de la journée.

À Grasse, dans les Alpes-Maritimes, un automobiliste a "tenté de forcer un barrage" sur un rond-point, renversant un policier qui a été "légèrement blessé", a indiqué la préfecture.  L'homme a été interpellé. Le policier "souffre de contusions légères", a précisé la même source. La vidéo que publient nos confrères de Nice Matin rend compte de l'extrême tension autour de certains points de blocage.

A Grande-Synthe dans le Nord, deux manifestantes avaient également été blessées légèrement vendredi soir dans des conditions similaires.

Nuit agitée

La mobilisation s'est poursuivie sur plusieurs sites pendant la nuit et au petit matin, 3 500 personnes et 87 lieux de manifestation sont actifs.

Selon le bilan donné par Christophe Castaner dimanche matin, les autorités ont interpellé 282 personnes (73 pendant la nuit), dont 157 ont été placées en garde à vue. Il s'agit de manifestants qui ont refuser d'obtempérer ou qui ont proféré des menaces, mais aussi des automobilistes qui ont chercher à forcer des barrages.

"Vingt-huit policiers, gendarmes, motards, pompiers ont été blessés et pour certains de façon grave", a-t-il ajouté. "Cette nuit a été agitée. [...] Il y a eu des agressions, des bagarres, des coups de couteau", a détaillé le ministre. 

"Il y a eu des bagarres entre 'Gilets jaunes'. Il y a eu beaucoup d'alcool dans certains endroits, et ça a provoqué ces comportements idiots qui peuvent pousser à la violence, et là ça devient inacceptable", a déploré le ministre de l'Intérieur.

► La carte des rassemblements

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