Gisèle Halimi est décédée ce mardi à Paris, à 93 ans. L'ancienne avocate était une grande figure du féminisme. Elle s'était battue pour le droit à l'avortement et contre le viol.

L'avocate et ancienne députée Gisèle Halimi, le 11 octobre 1972 à Bobigny, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, poursuivie pour avoir avorté
L'avocate et ancienne députée Gisèle Halimi, le 11 octobre 1972 à Bobigny, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, poursuivie pour avoir avorté © Michel Clément

Une enfance à Tunis. Une carrière d'avocate pénaliste à Paris. Et une lutte : la cause des femmes. Sa famille a annoncé ce mardi la mort, au lendemain de son 93e anniversaire, de l'ancienne avocate et surtout grande figure du féminisme, Gisèle Halimi.

Lutte pour le droit à l'avortement

Gisèle Halimi c'est avant tout un combat : celui du droit à l'avortement. Avocate, militante féministe, elle signe en 1971 le manifeste des 343, dans le Nouvel Observateur, une tribune pour le droit à l'avortement. Combat que cette avocate mène aussi devant les tribunaux avec un procès majeur, en 1972 à Bobigny : elle obtient la relaxe de Marie-Claire, 16 ans, qui avait avorté après un viol.

Gisèle Halimi est revenue sur ce procès au micro de France Inter en 2006 : 

"On ne s'adressait pas aux juges - en fait on parlait, par-dessus leurs têtes, au pays tout entier - et c'était tout à la fois la prise de conscience que ça pouvait nous valoir le maximum de répression, mais on assumait le risque, et en même temps qu’on en faisait un acte de démocratie. Car c'était un acte de démocratie extrêmement fort, on disait 'nous restons dans le cadre de la loi, mais cette loi est injuste et désobéir à une loi injuste ce n'est pas désobéir'."

Ce procès pèsera lourd dans la loi Veil, en 1974, qui autorise l'avortement.

En 1977, elle s'exprimait ainsi sur les dégâts irréversibles que peut provoquer le viol chez une femme : "Une femme violée, c'est une femme cassée, c'est une femme éclatée, c'est une femme qui à mon sens ne s'en remettra jamais", martelait-elle : "Une partie d'elle rentre dans une espèce de coma et elle survit je crois dans une espèce d'autre vie. Lorsqu'elle se bat, elle a véritablement un courage... Car elle sait que ce n'est pas pour elle, mais qu'elle le fait pour que les autres femmes ne passent pas par les épreuves qu'elle a subies."

Un engagement politique

Gisèle Halimi, engagée en politique aussi. Députée apparentée socialiste en 1982 et 1984, elle dénonce le bastion de la misogynie, juge François Mitterrand "machiavélique". En 1998, cette militante infatigable co-fonde le mouvement altermondialiste Attac. Son fils, Emmanuel Faux, dit aujourd'hui de sa mère Gisèle Halimi qu'elle a eu une "belle vie".

Réaction émue sur Twitter de l'ancienne garde des seaux Christiane Taubira, qui dit chérir encore leurs "conversations vives" :

La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a aussi fait part de sa peine :

Pour l'ancien président François Hollande, Gisèle Halimi a "inlassablement servi la cause des femmes" :

La ministre à l'égalité femmes-hommes Élisabeth Moreno a elle salué une "très grande féministe" :

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