La ministre de l'Enseignement supérieur vient de terminer ses consultations et devrait annoncer dans les prochains jours la création d'une mission sur l'ouverture sociale des grandes écoles. Elle complétera la mission Thiriez, chargée de repenser le fonctionnement de la haute fonction publique.

Le gouvernement veut ouvrir plus largement l'accès aux grandes écoles
Le gouvernement veut ouvrir plus largement l'accès aux grandes écoles © Maxppp / Franck DELHOMME

Le gouvernement veut ouvrir plus largement l'accès aux grandes écoles. Par de nouvelles voies d'accès ? Par des quotas ? La mission sur l'ouverture sociale des grandes écoles devra fournir des propositions et s'inspirer de ce qui existe déjà. 

Plus de mixité sociale dans le leadership des entreprises

Depuis les années 2000, les 215 grandes écoles, qui font partie de la Conférence des grandes écoles, tentent d'ouvrir un peu plus leurs portes. Elles comptent 30% de boursiers sur critères sociaux, en moyenne, mais souvent aux échelons les plus bas, c'est à dire des étudiants de catégories sociales modestes mais pas les plus défavorisées.

Les grandes écoles ne peuvent en réalité que corriger à la marge un manque de mixité sociale déjà flagrant en amont de la chaîne éducative. Dès le début de la scolarité, les inégalités sociales sont très fortes en France et se creusent jusqu'à l'enseignement supérieur.

Favoriser la diversité sociale "est un enjeu particulier pour les grandes écoles", explique Anne-Lucie Wack, la présidente de la Conférence des grandes écoles, "parce que notre corps de métier c'est de former des jeunes à bac+5 qui vont ensuite prendre des responsabilités dans les entreprises. Donc en améliorant la mixité sociale dans les grandes écoles, on va aussi faire levier pour plus de mixité sociale dans le leadership des entreprises. Et dans toutes les entreprises : dans les TPE-PME comme dans les grands groupes".

15% de diplômés par la voie de l'apprentissage

La Conférence des grandes écoles a déjà une palette de trois leviers pour attirer des jeunes qui ne se projettent pas spontanément vers les grandes écoles.

Le premier s'appuie sur des voies d'accès diversifiées. Aujourd'hui, 60% des étudiants des grandes écoles ne proviennent pas des classes préparatoires : 20% des étudiants sont admis en post-bac dans des écoles intégrées et 40% arrivent par des voies d'admission parallèles après des BTS, des DUT ou des licences universitaires. 

La deuxième piste vise à favoriser l'apprentissage. Le jeune qui fait son cursus en apprentissage ne paie aucun droit d'inscription et il est salarié. "Nous avons montré justement que c'est un véritable levier pour l'ouverture sociale puisqu'on a deux fois plus d'enfants d'ouvriers et d'employés que dans la voie classique", précise Anne-Lucie Wack, la présidente de la CGE. Et elle ajoute : " aujourd'hui on a 15% de nos étudiants qui sont diplômés par la voie de l'apprentissage et on ambitionne d'avoir 25% en moyenne".  

Enfin, dernière action, des programmes d'accompagnement et des aides financières sont mis en place pour convaincre des jeunes qu'une grande école est accessible même lorsque l'on habite un quartier défavorisé. 

Pour la présidente de la CGE, le rôle de cette mission n'est pas de tout réinventer, ni de se focaliser sur trois grandes écoles prestigieuses parisiennes. Elle doit au contraire s'appuyer sur des centaines de grandes écoles, à Paris et en province, qui se mobilisent déjà pour davantage de mixité dans leurs établissements. 

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