des militants de greenpeace s'introduisent dans la centrale de fessenheim
des militants de greenpeace s'introduisent dans la centrale de fessenheim © reuters

Des militants de l'organisation écologiste Greenpeace ont forcé mardi à l'aide d'un camion l'enceinte de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) pour dénoncer les failles dans la sécurité du plus vieux site du parc nucléaire français.

En fin de matinée, l'ONG a également déployé cinq canots pneumatiques sur le grand canal d'Alsace à proximité de la centrale pour souligner les risques d'inondation de cette centrale promise à la fermeture en 2016.

"Incident clos. Toutes les personnes vues entrant sur site ont été interpellées", a annoncé EDF sur son compte Twitter en début d'après-midi. Greenpeace a indiqué que 57 personnes avaient été interpellées.

Les militants de Greenpeace ont déployé d'importants moyens pour pénétrer dans la centrale. Le récit de Patrick Genthon de France Bleu Alsace.

L'opérateur des centrales français avait déclaré plus tôt cette opération n'avait pas d'incidence sur la sûreté et la production d'électricité des deux réacteurs et le gouvernement a réagi de manière très mesurée à l'intrusion.

Selon des militants de Greenpeace, les activistes ont pénétré dans l'enceinte cachés dans le conteneur d'un semi-remorque qui a forcé l'une des entrées.

Le camion a réussi à franchir deux lignes de protection avant d'être arrêté, a indiqué lors d'un point presse le directeur de cabinet du préfet. Il a précisé que les militants disposaient de matériel pour les aider à passer par-dessus les barbelés et que trois d'entre eux ont été légèrement blessés.

Une douzaine de militants sont montés sur le toit d'un des réacteurs et on accroché au sommet une bannière portant le slogan, "Stop risking Europe", a constaté Reuters sur place.

Pas d'impact, selon l'ASN

D'autres militants ont grimpé sur le toit de la piscine de stockage du combustible, selon Cyrille Cormier, chargé des questions d'énergie chez Greenpeace :

Une soixantaine de militants de quatorze nationalités différentes mènent cette action pour envoyer un message aux chefs d'Etat et de gouvernement européens qui se réunissent dans deux jours à Bruxelles pour décider de la politique énergétique de l'Union européenne.

"Nous disons plus particulièrement à François Hollande qu'il ne doit pas s'arrêter à la fermeture de Fessenheim mais aller bien au-delà. Il y a d'autres vieilles centrales en France qui sont dangereuses", a-t-il ajouté.

L'autorité de sûreté nucléaire (ASN), gendarme français du nucléaire, a confirmé dans un communiqué que l'évènement n'avait pas eu d'impact sur les installations.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur a déclaré que les forces de l'ordre avaient rapidement identifié les intrus comme étant des militants de Greenpeace, ce qui avait permis d'"adapter leur riposte".

Le gouvernement très mesuré

Après la publication d'un communiqué des syndicats de la centrale dénonçant une opération assimilable à un acte de terrorisme, les forces de l'ordre ont indiqué qu'elles auraient fait usage de leur arme dans pareil cas.

Les écologistes français ont félicité l'ONG Greenpeace pour son action et ont dénoncé la "fragilité" des installations nucléaires, un sujet sensible entre le gouvernement et ses alliés écologistes.

Comment sont surveillées les installations nucléaires françaises ? Eléments de réponse avec Nathalie Fontrel.

Le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Philippe Martin, a certes publié un communiqué dans lequel il annonce une inspection "permettant d'analyser les événements" de mardi et le renforcement de l'arsenal juridique pour éviter leur répétition.

François Hollande a promis de fermer la centrale de Fessenheim d'ici la fin 2016, en raison de son âge et de sa situation en zone sismique et inondable.

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