Destinée peu commune que celle du premier vainqueur américain du Tour. Il se destinait au ski, et pratiquait le vélo comme sport de complément l’été. Fauché en pleine ascension par un accident de chasse il réussit à revenir encore plus fort et sa seconde carrière sera la plus belle.

1986 : enfin serein

A la veille de l’arrivée, l’Américain sait qu’il va être le premier Américain vainqueur du Tour.Pourtant, Bernard Hinault ne l’a jamais ménagé durant les 22 étapes et Greg LeMond a douté jusqu’à l’étape de l’Alpe d’Huez, où selon une mise en scène orchestrée par leur équipe, les 2 champions ayant écrasé toute concurrence, arrivent main dans la main.Juste avant de triompher sur les Champs-Elysées, c’est un LeMond enfin apaisé qui se confie à la télévision.

1986 : l’avènement

Libération 28 juillet 1986
Libération 28 juillet 1986 © Libération

Malgré une grande forme évidente, le Californien a été obligé de se sacrifier en 1985 pour son leader, Bernard Hinault. Lequel a fait serment d’aider LeMond à gagner en 1986.

Mais spectateurs et suiveurs ont comme un doute en voyant Hinault se comporter longtemps comme un prétendant à la victoire.

Une rivalité qui a un temps inquiété LeMond, lequel en véritable as de la communication tout fait pour se faire aimer par un public français qui avait pourtant toutes les raisons de le détester.

1989 : le re-Tour du miraculé

Le Tour 89 s’annonce comme l’un de plus disputés de l’histoire récente.Au départ, 4 anciens vainqueurs, Laurent Fignon, Pedro Delgado, Stephen Roche et Greg LeMond, lequel fait son grand retour après un accident de chasse qui l’a éloigné pendant 2 ans. L’Américain ne fait d’ailleurs pas partie des favoris, et beaucoup de suiveurs mettent en doute sa capacité à revenir au plus haut niveau.Pourtant, même s’il avoue un faible pour les hamburgers, LeMond va s’imposer sur les Champs Elysées.

Ce Tour aura bien tenu ses promesses : LeMond coiffe Fignon pour 8 secondes dans le dernier contre-la-montre. Et Delgado aura perdu la course avant même de la commencer en oubliant de venir prendre le départ du prologue à l’heure !

1991 Dernières ambitions

LeMond est lancé sur les traces de Merckx, Anquetil et Hinault : il veut gagner 5 Tours. Il est donc en quête d’un quatrième succès, dans une course qui s’annonce pourtant très ouverte entre les grands anciens (LeMond, Delgado, Fignon) et la garde montante, incarnée par Miguel Indurain. Mais quelques jours avant le départ, Greg LeMond a gagné un difficile Tour de Suisse. Celui-ci aborde donc en la course en toute confiance.

Pourtant, c’est Indurain qui s’imposera à Paris, premier succès d’une série de 5 victoires que LeMond ne réussira jamais. ### 2012 : un costard sur mesure C’est Cyrille Guimard qui est allé chercher Greg LeMond, champion du Monde junior dans sa Californie natale. Les USA boycottant les Jeux Olympiques de Moscou pour cause de guerre froide, le jeune homme est résolu à passer professionnel.Guimard qui a donc été son directeur sportif jusqu’en 1984 est bien placé pour juger son poulain, qui selon lui, n’aurait jamais du gagner un Tour de France ! > _Si je dois dire le fond de ma pensée, alors je n'hésite pas une seconde : à mon sens il n'a jamais gagné le Tour. Je veux dire que, par trois fois, il aurait dû le perdre. Qu'on en juge.En 1986, en toute logique, Hinault aurait dû remporter son sixième Tour s'il n'avait pas fait n'importe quoi dans la fameuse étape de Super-Bagnères, attaquant inutilement alors qu'il avait une avance confortable. Son directeur sportif n'avait pas eu l'autorité de l'en empêcher. En 1989, Fignon aurait dû gagner. C'est sa blessure à la selle qui l'en avait empêché. Pas Lemond.Et en 1990, Claudio Chiapucci aurait du gagner à son tour, car il disposait d'une avance de 10 minutes. Et un peu comme le Blaireau en 1986, l'Italien a commis de telles erreurs, plus grossières les unes que les autres, que je préfère les oublier... C'était navrant de stupidité.Voilà l'énumération rapide. Impitoyable. A un aucun moment Greg LeMond n'a gagné un Tour en passant à l'offensive et en lâchant ses adversaires. Ses seuls baromètres étaient son intelligence et sa résistance. Et puis il savait rester calme et serein face à toutes les situations. Ne dit-on pas qu'on ne gagne jamais un Tour de France par hasard ?Lui, il en gagné trois._ "Dans les secrets du tour de France "de Cyrille Guimard (Grasset, 2012)
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